Trouver la kasbah. A la recherche du Glaoui perdu.
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C'est la première chose que vous verrez en arrivant dans le village de Telouet pas les Glaoui, mais la Kasbah Bien qu'elle soit située sur un promontoire, dans la partie supérieure du village, elle n'est en fait accessible que lorsque vous aurez traversé le dit village et l'oued Imarène. Il faut en effet dépasser le centre de Telouet et c'est par la sortie du village, après l'auberge, que vous pourrez accéder à la kasbah du Glaoui.
On parvient à la kasbah par une piste sur la droite qui conduit jusqu'à la porte principale du Dar Glaoui. Cette forteresse comporte un ensemble de bâtiments remontant successivement aux XVIII, XIX ème XX ème siècles et constitués d'ajouts successifs, mais c'est la partie la plus récente qui se visite encore. Les restes des kasbahs précédentes ne forment plus que quelques murs en pisé et en adobe sortis de terre avant l'entrée principale de la Kasbah du XIX. Une enceinte principale à plusieurs cours entourées de murailles crénelées donne à l'ensemble un aspect des plus singuliers.
Vous pourrez laisser votre obole ( donner la même rémunération que pour une entrée de musée officielle soit aux alentours de 20 dirhams par tête de pipe.) au gardien du lieu, facile a repérer puisquil se balade avec une énorme clef en permanence.
On visite deux pièces des somptueux appartements, qui ont été miraculeusement sauvegardées. Et je reviendrai sur ce point plus bas
La kasbah kesako ?
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L'art hispano-mauresque et les conquêtes arabes (telles qu'on peut en voir des traces à lAlhambra de Grenade) n'ont jamais eu vraiment d'influence sur l'architecture berbère.
Typiques des vallées du Draâ et du Dades, les Kasbahs du sud du Maroc demeurent les plus belles expressions d'un art ancestral et rural qui les font ressembler aux constructions traditionnelles du Yemen (pour ceux qui voient ce dont je parleyeah !!! men !!!)
Pendant des centaines dannées ces constructions de terre ont joué un rôle prépondérant comme le firent en leur temps nos châteaux féodaux. (non pas fait au dos ! avec des glaouis ça prêterait à con- fusion !).
Tout comme ces derniers, elles étaient les demeures fortifiées des seigneurs. Le plus souvent situées sur des pitons rocheux isolés ou des proéminences naturelles (pas de silly connes à lépoque !) elles symbolisaient la puissance des caïds (les représentants du Sultan ou des Pachas (les gouverneurs des villes impériales).
Les Kasbahs étaient les points de contrôle des oasis et leurs voies d'accès, utilisées en tant que points de ravitaillement pour les nomades du désert et prenaient faits et causes pour les caravanes contre les brigands et les pillards de grand chemin.
De nos jours, elles garantissent une belle assise aux notables ou aux cultivateurs, lorsqu'elles ne sont pas tout simplement à l'abandon. Ce qui est le cas de celle du Glaoui !
L'antre du Glaoui
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Qui était cet homme au passé et à l'histoire controversés, dont la vie se confond presque avec celle du protectorat français au Maroc ? Je ne vais certainement pas faire un cours dhistoire ce ne serait ni le lieu, ni le sujet de lavis.
Juste ces quelques mots pour dire, que bien que la Kasbah ait été présente depuis des siècles dans la commune de Telouet, c''est El-Hadj Thami el-Mezouari el-Glaoui, dit le Glaoui (merci davoir fait court !) qui a permis à Telouet de rayonner en ces heures où se pressait dans la Kasbah, le gratin mondain du moment...
A la fois formidablement riche mais remis à flots, de façon constante par l'administration coloniale, le Glaoui, devenu Pacha de Marrakech avec la bénédiction de Lyautey à l'époque, voyageait en voitures de luxe, sadonnait aux joies de balles de tailles sensiblement similaires à celles de glaouis (au golf ! à quoi pensiez-vous ?) et tirait ses revenus de l'exploitation des mines de sels, des multiples bordels de Marrakech et des taxes quil prélevait sans vergogne sur ses sujets. Pour la petite histoire, ceux qui ont l'âge de s'en souvenir, ont certainement entendu parler de Cécile Aubry et de Mehdi el Glaoui son fils, qui joua dans les séries télévisées écrites par sa mère (Belle et Sébastien, Polly,...). Et bien sachez que l'actrice-scénariste, alors mariée au Pacha de Marrakech, avait ses quartiers résidentiels dans cette forteresse luxueuse
Aspect général.
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Le plus souvent, les kasbahs suivent à peu près toutes les mêmes règles architecturales et celle de Telouet n'y déroge pas, elle en est même un des fleurons, je dirais.
Les fondations de pierre reçoivent des murailles épaisses, elles mêmes flanquées de tours ornées de merlons (la partie pleine du parapet entre deux créneaux ; rien à voir avec les bagnoles je vous rassure !) disposés en épis aux 4 points cardinaux et qui marquent les limites de la bâtisse.
Tout comme la majeure partie des maisons de Telouet, les murs de la kasbah sont en pisé et le centre de l'habitation est un patio, qui apporte la lumière à l'ensemble.
L'ornementation extérieure des tours et du haut des murs est en adobe, briques de terre crue argileuse, qui permet d'exécuter des motifs en creux et en relief qui ajourent les parties hautes.
Suivez le guide.
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Il ne subsiste aujourd'hui qu'une partie visitable , le reste tombe en miettes, victime du temps qui passe, des intempéries et des querelles politiques de jadis qui perdurent
Au sein des bâtiments, rongés par lusure, deux pièces ont néanmoins conservé leurs splendeurs décorative d'origine andalouse : le Harem et la salle de réception. Ceux qui ont eu la chance de visiter l'Alhambra de Grenade, retrouveront ici des caractéristiques communes : un sens de la couleur, du détail, de la minutie des sculptures et des proportions sans pareille.
A la croisée des fenêtres, vous pourrez admirer le superbe travail de ferronnerie exécuté et qui laisse une vision idyllique sur les montagnes alentours. Les stucs et les zelliges, les plafonds peints et les sculptures des portes en cèdres, rehaussées de serrures en argent laissent imaginer la beauté du lieu à l'époque de sa magnificence
La salle de réception.
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C'est à travers les fenêtres grillagées de la salle de réception que l'on aperçoit le paysage extérieur. Le sol de la pièce est en marbre da Carrare. Les plafonds, en bois avec poutres et solives apparentes ou à caissons, sont couverts de peintures accordées de motifs floraux, géométriques ou avec effets velours et font ainsi écho aux couleurs, dessins et tissus tendus des banquettes qui font office de mobilier dans la pièce. Les effets nids dabeille (les muqanas) réalisés en bois ou en plâtre reproduisent une architecture suspendue pleine d'originalité et de talent.
Quant aux colonnes multiples, elles sont habillées de zelliges et de stucs. La rigueur géométrique des figures étoilées, des frises en forme de losanges ou en forme de pattes de lion, de tresses ou de nœuds est une pure merveille. Même les couleurs, harmonieusement choisies répondent comme en écho à ces sculptures ciselées avec grâce. La blancheur des ornements végétaux (des rinceaux si mes souvenirs sont bons) contraste avec l'éclat encore présent des multiples faïences et vient en adoucir les couleurs, le tout rehaussé de calligraphie coufique.
Cest difficile de décrire des choses aussi fines sans rien oublier, j'espère y être parvenu.
Le Harem.
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C'est l'espace clos réservé aux femmes. C'est un monde à part, hors de toute contingence temporelle. Comme on l'imagine, il est comme ouaté, impénétrable (quoi que.. menfin bon) et secret. Malheureusement une tempête malvenue, en 2004, a endommagé les zelliges, les stucs parfaits et ciselés et les plafonds en bois peints qui suggéraient si bien que ce monde était un espace énigmatique et épicurien.
Tout comme la salle de réception, les plafonds sont finement et richement décorés, les colonnes ouvragées de mille et un détails qui font de ce lieu un plaisir pour les yeux et un apaisement de l'âme. L'endroit est globalement plus sombre mais les fenêtres qui donnent sur l'extérieur, elles aussi réalisées en ferronnerie, laissent filtrer juste ce qu'il faut de soleil pour subtilement rehausser les contours des ornements et jouer avec les ombres et les lumières de chaque couleur.
C'est par un escalier que l'on accède à la terrasse. De cet endroit magique, on embrasse d'un coup d'œil toute la région alentours à perte de vue les sommets enneigés à cette époque de l'année contrastent avec la rougeur des terres arables autour du village (oui, il y aussi des arables au Maroc !), les ocres orangés des maisons traditionnelles en pisé et les quelques carrés de verdure accrochés aux montagnes Le panorama est splendide malgré le piteux état dans lequel se trouvent les verrières aux parois brisées, les toits en tuiles vernissées vertes pillées par endroit et les nids de cigognes qui occupent les espaces disponibles en hauteur.
Ce sont dailleurs les cigognes, nichées au sommet des tours qui demeurent les ultimes sentinelles de ces vestiges négligés et légués à l'usure du temps et des intempéries.
Un chef-dœuvre en péril.
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Car malheureusement, rien n'est fait ou presque, au niveau culturel et politique pour sauver ce patrimoine en péril. Entre autres, pour des raisons politiques mais aussi économiques, liées à la personnalité du Glaoui et à son histoire avec les autorités royales à l'époque, la Kasbah du Glaoui de Telouet se meurt un peu plus chaque jour, victime de ces conflits stupides qui empêchent que ce site soit, par exemple, classé au patrimoine Mondial de l'Unesco, comme la été sa voisine dAït Benhaddou
En effet le fameux ksour dAït Benhaddou, inscrit sur la liste du patrimoine mondial de lUNESCO depuis la fin des années 70, a bénéficié dun programme daide qui a permis sa restauration partielle dans le respect des procédés anciens de construction.
Qui plus est, l'activité touristique de la région étant assujettie à la présence de sites "à visiter" ou "à voir" mais aussi, il faut bien l'avouer, de leur bon état de conservation, la Kasbah de Telouet, se doit de recouvrer, dès que possible, une partie de son lustre et des ses charmes dautrefois : pour le bonheur des visiteurs et des populations locales, fières de pouvoir montrer les savoir-faire de leurs ancêtres ; pour le développement économique, social et touristique de la région et de ses environs ; et pour finir, pour continuer sereinement à croire et à envisager lavenir.
Bien sûr, l'administration royale et le gouvernement marocain ont d'autres priorités que d'envisager la restauration de la Kasbah de Telouet, le pays est pauvre, et a besoin de se construire économiquement avant de pouvoir envisager de telles dépenses Néanmoins, nous autres touristes, gens de passage, amoureux de la région ou exilés marocains de Telouet, pouvons alerter sur la nécessité de faire quelque chose pour ce joyau de l'art berbère
Alors les habitants de Telouet se battent tous les jours, à leur échelle, pour que ce capital culturel et historique ne sombre pas dans loubli
C'est donc un instant démotion et un ravissement pour les yeux que d'imaginer la vie à l'époque du Glaoui dans ces lieux chargés d'histoire et de passé au goût d'orient, de caravansérail et de luxe. Car si la personnalité du Glaoui a aussi ses côtés sombres , la vie qu'il a menée dans cette kasbah laisse un parfum de nostalgie Grandeur et décadence dun lieu marqué par le passé !
Si un jour, vos pas vous mènent dans le Haut Atlas Marocain, faites un détour par Télouet, poussez la porte de la kasbah et allez admirer ses vestiges c'est un voyage qui vous laissera des souvenirs forts mais aussi un goût amer, comme un sentiment d'inachevé et de frustration à l'idée que tous ces merveilleux ornements puissent un jour sombrer dans l'oubli et l'indifférence.
Chrispix, futur Glaoui?
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C'est la première chose que vous verrez en arrivant dans le village de Telouet pas les Glaoui, mais la Kasbah Bien qu'elle soit située sur un promontoire, dans la partie supérieure du village, elle n'est en fait accessible que lorsque vous aurez traversé le dit village et l'oued Imarène. Il faut en effet dépasser le centre de Telouet et c'est par la sortie du village, après l'auberge, que vous pourrez accéder à la kasbah du Glaoui.
On parvient à la kasbah par une piste sur la droite qui conduit jusqu'à la porte principale du Dar Glaoui. Cette forteresse comporte un ensemble de bâtiments remontant successivement aux XVIII, XIX ème XX ème siècles et constitués d'ajouts successifs, mais c'est la partie la plus récente qui se visite encore. Les restes des kasbahs précédentes ne forment plus que quelques murs en pisé et en adobe sortis de terre avant l'entrée principale de la Kasbah du XIX. Une enceinte principale à plusieurs cours entourées de murailles crénelées donne à l'ensemble un aspect des plus singuliers.
Vous pourrez laisser votre obole ( donner la même rémunération que pour une entrée de musée officielle soit aux alentours de 20 dirhams par tête de pipe.) au gardien du lieu, facile a repérer puisquil se balade avec une énorme clef en permanence.
On visite deux pièces des somptueux appartements, qui ont été miraculeusement sauvegardées. Et je reviendrai sur ce point plus bas
La kasbah kesako ?
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L'art hispano-mauresque et les conquêtes arabes (telles qu'on peut en voir des traces à lAlhambra de Grenade) n'ont jamais eu vraiment d'influence sur l'architecture berbère.
Typiques des vallées du Draâ et du Dades, les Kasbahs du sud du Maroc demeurent les plus belles expressions d'un art ancestral et rural qui les font ressembler aux constructions traditionnelles du Yemen (pour ceux qui voient ce dont je parleyeah !!! men !!!)
Pendant des centaines dannées ces constructions de terre ont joué un rôle prépondérant comme le firent en leur temps nos châteaux féodaux. (non pas fait au dos ! avec des glaouis ça prêterait à con- fusion !).
Tout comme ces derniers, elles étaient les demeures fortifiées des seigneurs. Le plus souvent situées sur des pitons rocheux isolés ou des proéminences naturelles (pas de silly connes à lépoque !) elles symbolisaient la puissance des caïds (les représentants du Sultan ou des Pachas (les gouverneurs des villes impériales).
Les Kasbahs étaient les points de contrôle des oasis et leurs voies d'accès, utilisées en tant que points de ravitaillement pour les nomades du désert et prenaient faits et causes pour les caravanes contre les brigands et les pillards de grand chemin.
De nos jours, elles garantissent une belle assise aux notables ou aux cultivateurs, lorsqu'elles ne sont pas tout simplement à l'abandon. Ce qui est le cas de celle du Glaoui !
L'antre du Glaoui
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Qui était cet homme au passé et à l'histoire controversés, dont la vie se confond presque avec celle du protectorat français au Maroc ? Je ne vais certainement pas faire un cours dhistoire ce ne serait ni le lieu, ni le sujet de lavis.
Juste ces quelques mots pour dire, que bien que la Kasbah ait été présente depuis des siècles dans la commune de Telouet, c''est El-Hadj Thami el-Mezouari el-Glaoui, dit le Glaoui (merci davoir fait court !) qui a permis à Telouet de rayonner en ces heures où se pressait dans la Kasbah, le gratin mondain du moment...
A la fois formidablement riche mais remis à flots, de façon constante par l'administration coloniale, le Glaoui, devenu Pacha de Marrakech avec la bénédiction de Lyautey à l'époque, voyageait en voitures de luxe, sadonnait aux joies de balles de tailles sensiblement similaires à celles de glaouis (au golf ! à quoi pensiez-vous ?) et tirait ses revenus de l'exploitation des mines de sels, des multiples bordels de Marrakech et des taxes quil prélevait sans vergogne sur ses sujets. Pour la petite histoire, ceux qui ont l'âge de s'en souvenir, ont certainement entendu parler de Cécile Aubry et de Mehdi el Glaoui son fils, qui joua dans les séries télévisées écrites par sa mère (Belle et Sébastien, Polly,...). Et bien sachez que l'actrice-scénariste, alors mariée au Pacha de Marrakech, avait ses quartiers résidentiels dans cette forteresse luxueuse
Aspect général.
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Le plus souvent, les kasbahs suivent à peu près toutes les mêmes règles architecturales et celle de Telouet n'y déroge pas, elle en est même un des fleurons, je dirais.
Les fondations de pierre reçoivent des murailles épaisses, elles mêmes flanquées de tours ornées de merlons (la partie pleine du parapet entre deux créneaux ; rien à voir avec les bagnoles je vous rassure !) disposés en épis aux 4 points cardinaux et qui marquent les limites de la bâtisse.
Tout comme la majeure partie des maisons de Telouet, les murs de la kasbah sont en pisé et le centre de l'habitation est un patio, qui apporte la lumière à l'ensemble.
L'ornementation extérieure des tours et du haut des murs est en adobe, briques de terre crue argileuse, qui permet d'exécuter des motifs en creux et en relief qui ajourent les parties hautes.
Suivez le guide.
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Il ne subsiste aujourd'hui qu'une partie visitable , le reste tombe en miettes, victime du temps qui passe, des intempéries et des querelles politiques de jadis qui perdurent
Au sein des bâtiments, rongés par lusure, deux pièces ont néanmoins conservé leurs splendeurs décorative d'origine andalouse : le Harem et la salle de réception. Ceux qui ont eu la chance de visiter l'Alhambra de Grenade, retrouveront ici des caractéristiques communes : un sens de la couleur, du détail, de la minutie des sculptures et des proportions sans pareille.
A la croisée des fenêtres, vous pourrez admirer le superbe travail de ferronnerie exécuté et qui laisse une vision idyllique sur les montagnes alentours. Les stucs et les zelliges, les plafonds peints et les sculptures des portes en cèdres, rehaussées de serrures en argent laissent imaginer la beauté du lieu à l'époque de sa magnificence
La salle de réception.
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C'est à travers les fenêtres grillagées de la salle de réception que l'on aperçoit le paysage extérieur. Le sol de la pièce est en marbre da Carrare. Les plafonds, en bois avec poutres et solives apparentes ou à caissons, sont couverts de peintures accordées de motifs floraux, géométriques ou avec effets velours et font ainsi écho aux couleurs, dessins et tissus tendus des banquettes qui font office de mobilier dans la pièce. Les effets nids dabeille (les muqanas) réalisés en bois ou en plâtre reproduisent une architecture suspendue pleine d'originalité et de talent.
Quant aux colonnes multiples, elles sont habillées de zelliges et de stucs. La rigueur géométrique des figures étoilées, des frises en forme de losanges ou en forme de pattes de lion, de tresses ou de nœuds est une pure merveille. Même les couleurs, harmonieusement choisies répondent comme en écho à ces sculptures ciselées avec grâce. La blancheur des ornements végétaux (des rinceaux si mes souvenirs sont bons) contraste avec l'éclat encore présent des multiples faïences et vient en adoucir les couleurs, le tout rehaussé de calligraphie coufique.
Cest difficile de décrire des choses aussi fines sans rien oublier, j'espère y être parvenu.
Le Harem.
____________
C'est l'espace clos réservé aux femmes. C'est un monde à part, hors de toute contingence temporelle. Comme on l'imagine, il est comme ouaté, impénétrable (quoi que.. menfin bon) et secret. Malheureusement une tempête malvenue, en 2004, a endommagé les zelliges, les stucs parfaits et ciselés et les plafonds en bois peints qui suggéraient si bien que ce monde était un espace énigmatique et épicurien.
Tout comme la salle de réception, les plafonds sont finement et richement décorés, les colonnes ouvragées de mille et un détails qui font de ce lieu un plaisir pour les yeux et un apaisement de l'âme. L'endroit est globalement plus sombre mais les fenêtres qui donnent sur l'extérieur, elles aussi réalisées en ferronnerie, laissent filtrer juste ce qu'il faut de soleil pour subtilement rehausser les contours des ornements et jouer avec les ombres et les lumières de chaque couleur.
C'est par un escalier que l'on accède à la terrasse. De cet endroit magique, on embrasse d'un coup d'œil toute la région alentours à perte de vue les sommets enneigés à cette époque de l'année contrastent avec la rougeur des terres arables autour du village (oui, il y aussi des arables au Maroc !), les ocres orangés des maisons traditionnelles en pisé et les quelques carrés de verdure accrochés aux montagnes Le panorama est splendide malgré le piteux état dans lequel se trouvent les verrières aux parois brisées, les toits en tuiles vernissées vertes pillées par endroit et les nids de cigognes qui occupent les espaces disponibles en hauteur.
Ce sont dailleurs les cigognes, nichées au sommet des tours qui demeurent les ultimes sentinelles de ces vestiges négligés et légués à l'usure du temps et des intempéries.
Un chef-dœuvre en péril.
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Car malheureusement, rien n'est fait ou presque, au niveau culturel et politique pour sauver ce patrimoine en péril. Entre autres, pour des raisons politiques mais aussi économiques, liées à la personnalité du Glaoui et à son histoire avec les autorités royales à l'époque, la Kasbah du Glaoui de Telouet se meurt un peu plus chaque jour, victime de ces conflits stupides qui empêchent que ce site soit, par exemple, classé au patrimoine Mondial de l'Unesco, comme la été sa voisine dAït Benhaddou
En effet le fameux ksour dAït Benhaddou, inscrit sur la liste du patrimoine mondial de lUNESCO depuis la fin des années 70, a bénéficié dun programme daide qui a permis sa restauration partielle dans le respect des procédés anciens de construction.
Qui plus est, l'activité touristique de la région étant assujettie à la présence de sites "à visiter" ou "à voir" mais aussi, il faut bien l'avouer, de leur bon état de conservation, la Kasbah de Telouet, se doit de recouvrer, dès que possible, une partie de son lustre et des ses charmes dautrefois : pour le bonheur des visiteurs et des populations locales, fières de pouvoir montrer les savoir-faire de leurs ancêtres ; pour le développement économique, social et touristique de la région et de ses environs ; et pour finir, pour continuer sereinement à croire et à envisager lavenir.
Bien sûr, l'administration royale et le gouvernement marocain ont d'autres priorités que d'envisager la restauration de la Kasbah de Telouet, le pays est pauvre, et a besoin de se construire économiquement avant de pouvoir envisager de telles dépenses Néanmoins, nous autres touristes, gens de passage, amoureux de la région ou exilés marocains de Telouet, pouvons alerter sur la nécessité de faire quelque chose pour ce joyau de l'art berbère
Alors les habitants de Telouet se battent tous les jours, à leur échelle, pour que ce capital culturel et historique ne sombre pas dans loubli
C'est donc un instant démotion et un ravissement pour les yeux que d'imaginer la vie à l'époque du Glaoui dans ces lieux chargés d'histoire et de passé au goût d'orient, de caravansérail et de luxe. Car si la personnalité du Glaoui a aussi ses côtés sombres , la vie qu'il a menée dans cette kasbah laisse un parfum de nostalgie Grandeur et décadence dun lieu marqué par le passé !
Si un jour, vos pas vous mènent dans le Haut Atlas Marocain, faites un détour par Télouet, poussez la porte de la kasbah et allez admirer ses vestiges c'est un voyage qui vous laissera des souvenirs forts mais aussi un goût amer, comme un sentiment d'inachevé et de frustration à l'idée que tous ces merveilleux ornements puissent un jour sombrer dans l'oubli et l'indifférence.
Chrispix, futur Glaoui?
Comments to this review
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bellaitalia, 01.01.2008 11:36 o'clock
le futur Glaoui nous a fat faire une superbe visite fort bien commentée !!






























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