Detailed review by ggtraveler
ggtraveler(37)
Chatenay Malabry, France97%
Il faut 5 heures pour quitter Windhoek capitale de la Namibie et rejoindre les abords du Namib.
Nous traversons une zone de montagnes vieilles de plusieurs millions d'années, et donc très érodées. Les couleurs dominantes sont le beige de la végétation desséchée, le noir des pierres, et le rouge de la latérite. Les nids de tisserins communautaires impressionnent par leur imposante taille. On les trouve autant dans les arbres qu'au sommet des pylônes électriques.
La Remhogte Pass, un col situé à environ 1900 m, nous donne l'occasion de traverser un canyon encaissé où nous faisons une petite pause. Nous découvrons les premiers animaux du voyage : un troupeau d'oryx et plusieurs groupes de springboks (ce n'est pas l'emblème du pays pour rien !!). La journée avait commencé par un grand koudou mâle au loin, ainsi qu'un couple de steenboks (une des nombreuses antilopes (boks) de la région dont la particularité est d'avoir de grandes oreilles et une petite taille), juste au bord de la piste.
En arrivant à Sesriem (six courroies en langage local, en souvenir des six courroies de cuir qui permettaient d'y puiser de l'eau), nous apercevons, de manière lointaine, quelques autruches que certains tenteront en vain d'approcher. La longue pause du midi nous permet même daller piquer une tête dans la petite piscine du camp. Mais quel baignade avec une vue d'un côté sur les premières dunes et de l'autre côté sur les montagnes qui cernent cette plaine.
Au programme de l'après-midi, deux petites ballades nous attendent. Nous commençons par explorer le canyon de Sesriem. C'est une faille dune profondeur d'environ trente mètres sur près d'un kilomètre de long mais très étroite au fond de laquelle est sensée couler une rivière, enfin quand il y a de l'eau ! On y descend très facilement par un chemin en pente douce. En pleine chaleur, l'endroit est plutôt agréable avec son ombre et sa relative fraîcheur. Après l'exploration de ce canyon, nous reprenons le truck pour rejoindre la dune Elim (137 m). C'est une magnifique dune rouge, la première que nous voyons, planté au milieu de la savane le tout dans une sorte de cirque formé par les montagnes alentours.
En avant pour l'ascension. C'est plus difficile qu'il n'y paraît. La première portion est en effet très pentue. D'ailleurs par manque de forme, rares sont ceux qui poursuivent jusqu'au sommet. Le contraste entre le bleu du ciel et le rouge du sable est terrible : quel régal ! L'épreuve est fatigante mais cela vaut vraiment le coup. En partant tout seul de mon côté, j'ai la chance d'approcher d'assez près un troupeau d'oryx paissant paisiblement dans la savane, au pied de la dune.
Pour rejoindre les grandes dunes rouges du Namib, il faut se lever tôt. Le réveil sonne à 4h45. Si on se lève si tôt, c'est qu'il y a une bonne raison : voir le soleil se lever sur les dunes de Sossusvlei. Le levant colore le ciel nuageux de rose, amis ces mêmes nuages gâchent le spectacle. Tant pis !
Nous poursuivons donc jusqu'à Sossusvlei, cette cuvette d'argile au cœur des dunes rouges. Là coulait une rivière, la Tsauchab. Aujourd'hui, tous les 10 à 12 ans, elle devient un lac temporaire, ce qui explique ce surprenant pavement argileux. Nous voilà donc en plein cœur du désert du Namib, le plus vieux désert du monde, qui abrite aussi les plus hautes dunes d'Afrique plus de 300 m de haut).
Nous avons quartier libre. Chacun monte alors à l'assaut de la dune de son choix. Des petites, des grandes, des abruptes, des en pente douce : chacun y trouve son bonheur. Si tôt dans la journée, le sable rouge est encore immaculé : pas de traces de l'homme, juste les empreintes des oryx et des springboks qui vivent là. Mais toute cette magnificence a un coût : grimper dans le sable est vite épuisant mais quel bonheur d'admirer ces étendues de sable. Quel sensation de se retrouver sur la crête comme seul au monde. Le bleu azur du ciel tranche avec le rouge brique du sable, et le vert des quelques acacias Erioloba qui arrivent à pousser dans la cuvette (vlei) avec quelques fleurs jaunes. Que de dire de ce moment inoubliable lorsque deux springboks ont galopé devant moi entre deux dunes ! Après ce moment en solitaire, je rejoins les autres au sommet dun dune voisine.
Pour la petite histoire, ce sable rouge trouve son origine dans la rivière Orange qui marque une frontière naturelle entre la Namibie et l'Afrique du Sud. Elle charrie de la latérite jusqu'à l'océan. Là, le Benguela, un courant froid arrivant d'Antarctique, remonte la latérite le long de la côte. C'est alors qu'interviennent les vents dominants d'ouest pour ramener cette poudre rouge sur le continent.
Après trois heures d'ascension et de ballade dans les grandes dunes autour de Sossuvlei, retour au camp de Sesriem. Il est temps de replier tout le barda pour nous diriger vers le nord. Cette piste nous amène à faire une halte à Solitaire, une station / boutique / hôtel / aérodrome au milieu de nulle part, en plein désert. Ce serait presque Bagdad Café en plus moderne. L'endroit porte parfaitement son nom. Le propriétaire des lieux, un Afrikaner à l'apparence bourru, complète le tableau mais vous vendra tout ce dont vous avez besoin : il fait même du pain et des gâteaux qu'ils vend aux clients. Assurément une halte à faire !
La suite de la piste est du même tonneau : de vastes étendues sèches et caillouteuses bordées, au loin, de petites montagnes. Nous finissons par arriver au campement de Mirabib, au nord est du parc du Naukluft. Quel lieu exceptionnel pour camper : un énorme rocher planté en plein désert caillouteux. Il se pare de couleurs ocres et rouges qui s'illuminent avec les rayons du soleil qui décline. Chacun arrive à voir des formes différentes dans le roc !
Que dire du ciel nocturne. Des étoiles à ne plus savoir qu'en faire. Et la Voie Lactée ! Toujours aussi belle ! Il faut dire que loin de toute civilisation, l'endroit est parfait pour l'observation nocturne. Cette journée se termine par une excellente nuit de sommeil dans le silence le plus complet. Cet endroit restera pour moi le meilleur campement du séjour! Quel cadre!
Quelques minutes après avoir quitté le campement, nous faisons une halte sur le Tropique du Capricorne. C'est l'occasion de faire une photo de groupe autour de la borne constituée dune grosse pierre plate. Sur la piste, nous finissons enfin par voir les premiers zèbres de Hartman, ou zèbres des montagnes, plus petits et avec une seule série de rayures contrairement aux zèbres de Burchell qui possèdent des rayures grises entre les noires.
De nombreuses autruches paradent mais difficile de les approcher en véhicule. Nous avons juste le temps de voir une meute de renards chauve-souris détaler. Quelques kilomètres plus loin, au bord de la piste, quatre mangoustes jaunes et un suricate ( à la queue toute fine), pointent leur museau hors du terrier.
Arrivés près du Bloedkoppe (littéralement montagne de sang ou montagne rouge), nous découvrons les Kokerbooms, aussi appelés arbres carquois, car ils servaient aux Bushmen pour transporter leurs flèches. Il s'agit en fait de grands arbres en forme de champignon, formés d'épaisses branches se terminant au sommet par des bouquets de larges feuilles pointues, le tout donnant l'apparence de flèches dans un carquois. Nous faisons la pause pique-nique au pied de cette vieille montagne aux teintes rosées, toute en rondeur après des siècles et des siècles de lente érosion.
D'ailleurs, pour nous ouvrir l'appétit, nous nous empressons de la gravir faire en deux petits groupes chacun par sa voie. C'est limite escalade mais ça passe en faisant attention. Malheureusement, le dernier morceau pour parvenir au sommet nous paraît infranchissable et nous nous arrêtons à quelques mètres du but. Mais le point de vue sur la plaine déserte, la rivière asséchée et les montagnes au loin vaut vraiment le coup.
Nous reprenons la piste pour partir à la découverte des fameuses Welwitschia Mirabilis. Mais avant d'y parvenir, nous avons droit à une longue piste désertique sans un seul animal. Puis nous empruntons la Welwitschia Drive. Elle nous fait traverser un petit canyon où on aperçoit des traces de dolorite qui y forment des veines noir de jais sur les collines ocres. En poursuivant plus avant, nous apercevons enfin ces fameuses plantes.
Heureusement quelles ont la particularité de vivre très longtemps (1500 ans pour la plus vieille en ce moment !) et d'être endémique à la région du Namib. A part cela, elles ne ressemblent à rien : deux larges feuilles fibreuses fendues en lanières très longues, d'apparence plastique, qui traînent sur le sol. On croirait presque quelles sont sèches. Elles ressemblent à des pieuvres terrestres. Pour leur protection, elles sont encerclées de petites pierres, histoire de ne pas abîmer leurs racines. Dernière précision, il existe des plants mâle et femelle.
Après cette découverte florale vient le moment de planter le camp au pied dune barre rocheuse que nous nous empressons d'escalader avant de nous balader dans le lit asséché (encore une fois) de la rivière située de l'autre côté. Nous ne verrons que trois autruches ( et encore de loin), ainsi qu'un chat sauvage. Par contre, nous sommes surveillés par les Damans, une sorte de marmotte grise et curieuse.
La piste sort du Namib-Naukluft pour rejoindre l'océan à Swakopmund.
Namib Naukluft Park10
Ratings
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Accessibility
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"Must See"-Factor
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Budget Friendliness
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Diversity of Vegetation
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Relaxation Value