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Jusqu'où peut vous mener une Flûte Enchantée! (02.06.2008)
ouralie
ouralie (58)
RILLIEUX LA PAPE, France
Il était une fois deux petites filles.
L'ainée, la brune, serait plus tard musicienne et chanteuse lyrique ; la cadette, la blonde, ne jurerait bientôt que par Madonna, Sting et Johnny Clegg, et pourtant, c'est elle qui un jour est revenue de l'école très agitée, (elle avait cinq ans et demi) et a fini par me faire comprendre que la maitresse leur avait fait écouter l'air de la Reine de la Nuit dans la Flute Enchantée, de Mozart. Et que cétait trop bien !
Il a fallu que je me procure le disque sur l'heure (heureusement, il était dans la discothèque de mon collège) et nous l'avons écouté religieusement toutes les trois, le jour même, frappées de la même stupeur ..
La petite fille au prénom d'ange messager, venait de révéler à sa grande sœur et à moi même que Mozart avait écrit des opéras ! ..
L'aînée devait commencer l'allemand en 6e à la rentrée, et je venais d'avoir mon premier déclic pour organiser un premier voyage : nous irions donc l'été prochain en pèlerinage en Autriche, sur les traces de l'enfant prodige, à commencer par sa ville natale, Salzbourg!


"Must See"-Factor
100 out of 100
Budget Friendliness
90 out of 100
Architecture
100 out of 100
Concept
100 out of 100
Exhibits
100 out of 100
Relevance
100 out of 100
Pas d'internet à lépoque. Il a fallu se documenter péniblement sur l'itinéraire, sur la ville et la façon de s'y loger. Mais je l'ai fait, entraînant mes fillettes dans cette nouvelle lubie, l'aînée, musicienne dans lâme, progressant à grande vitesse au piano, apprenant par cœur les airs de la Flûte et m'en réclamant d'autres ..

Cette année la, les coffrets des six principaux opéras de Mozart ont grevé mon budget, et nous les écoutâmes en boucle pendant plusieurs années ..

Je vous passe les détails de notre périple vers l'Autriche, imaginez seulement que l'A42 n'était peut être même pas en projet, et que nous partions en 4L, avec une tente et tout le matériel sur le toit déjà bien haut !

Enfin nous voilà devant le numéro 9 de la Getreidegasse, incrédules dêtre là, au cœur de cette petite ville baroque et mystérieuse où la musique résonne à tous les coins de rue. Cet été là, il a fait grand soleil, et nous ressentions cette atmosphère bien spéciale propre à toutes les villes de l'Est, ce mélange inouï et tellement poignant de gaieté légère et de nostalgie.

Comme sur les dépliants touristiques reçus avant notre départ, cette haute maison médiévale de cinq étages aligne sa façade jaune dor dans cette étroite rue commerçante du centre de la vieille ville. Mais elle ouvre sur une petite place qui aère ses abords, et permet d'avoir un certain recul sur l'ensemble de la maison.

Construite au 15e siècle, elle a vaillamment traversé les lustres, et appartenait au riche commerçant Haguenauer lorsque Léopold et Anna Maria Mozart, jeunes mariés, vinrent sy installer, en 1747.
Les deux familles entretenaient des liens amicaux ; Léopold, premier violon de lorchestre épiscopal de Salzbourg, avait une assez belle situation, et bientôt deux enfants naquirent dans lappartement du 3e étage : Anna Maria, dite Nannerl, en 1751, puis Wolfgang, dit Wolferl, en 1756.
La famille devait y vivre jusqu'en 1773, pour si'nstaller dans un appartement plus grand, place du Marché.

L'appartement de la Getreidegasse était composé d'un salon, d'une cuisine, de deux chambres et d'un cabinet de travail. La coursive de l'arrière donnait sur la place de l'Université, avec une jolie vue sur les tours de la collégiale.

Nous avons visité cette maison bourrée de bonnes ondes, plusieurs fois au cours de nos nombreux passages à Salzbourg, et si elle a été rénovée en 1994, son organisation n'en est pas très différente aujourdhui.

C'est en 1880 qu'ouvrit le musée Mozart, grâce à la fondation internationale du Mozarteum. Les dons de la famille Mozart, recueillis plusieurs années auparavant des mains de la veuve et des fils du maître furent installés dans l'appartement du troisième étage : le clavicorde sur lequel Mozart composa ses dernières œuvres et son dernier piano de concert, un hammerclavier , construit en 1780 par Anton Walter à Vienne. Piano qui subit maints déménagements et a trouvé enfin ici son havre de paix !
Le violon d'enfant, des portraits, des lettres et des partitions complétaient la première donation.
Au 20e siècle, la fondation du Mozarteum acheta les deux premiers étages de la maison Haguenauer pour compléter la relative pauvreté des collections privées. On sait que Mozart mourut dans la misère, qu'il ne lui restait plus grand chose de sa période faste, et qu'il n'entretenait pas avec sa maigre famille des rapports très cordiaux.

En ce beau jour de juillet, donc, les trois groupies que nous fumes découvrirent, au premier étage, une boutique de souvenirs et une exposition temporaire dont nous avons oublié le thème.
Au deuxième, l'espace est organisé autour du thème : Mozart sur la scène . On peut y voir des affiches d'opéra, et plusieurs reconstitutions de décors pour chacune des grandes œuvres lyriques de Mozart. Les éclairages, machineries et costumes y sont représentés à travers les époques, avec pour chacune les solutions adoptées selon les possibilités du temps.

Enfin au troisième, nous entrons dans le saint des saints : l'endroit où lenfant Wolfgang ouvrit les yeux (et les oreilles, son père était musicien, ne l'oublions pas). Aucun des meubles de l'époque ne subsiste dans l'appartement, mais il a été meublé à la façon dun appartement bourgeois du 18e siècle, de manière simple et élégante, presque austère. La cuisine garde son aspect médiéval avec sa grande cheminée et son pavage inégal.
On y trouve les instruments de musique, très émouvants, dont j'ai déjà parlé, et plusieurs portraits (on sait qu'ils ont été rares) de Mozart à différents âges.
Les deux plus authentiques sont celui où Wolfgang est représenté à l'âge de 6 ans, pendant sa première tournée à Vienne, devant l'impératrice Marie Thérèse et la cour impériale, et un autre exécuté en Italie : l'adolescent, âgé de 13 ans, est au piano et tourne son visage vers nous, un visage encore enfantin mais grave et concentré.
Sur le tableau de ses 6 ans, on voit un garçonnet joufflu, rieur, tout fier dans son bel habit de couleur mauve rebrodé dor !
Les tableaux d'adulte sont plus controversés et ne se ressemblent pas tellement les uns les autres.
Il fait bon errer dans ces pièces aux parquets craquants, baignés de nostalgie et de la douce lumière estivale de la Rome allemande .
Le coté cour donne actuellement sur la riante place de l'Université, et les joyeux parasols du café du même nom.
Montent des parfums de bière et de café, jusquà la galerie qui desservait les appartements sur larrière.

La maison natale de Mozart est ouverte au public en saison, de 9 h à 19h, 17 h30 en hiver.
Située au cœur de la vieille ville, cest un but ou point de départ idéal vers d'autres découvertes, nombreuses dans cette jolie ville où chaque maison est un petit bijou.


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Comments to this review

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    Ninotte, 03.06.2008 09:08 o'clock


    J'ai déjàlu ça quelques part ... lol !
    Ninotte
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    miminette, 03.06.2008 07:50 o'clock


    Jolie balade dans tes souvenirs... Mes jeunes ont découvert Salzbourg l'Année Mozart pour un camp scout.... encore le camping, mais ds la gadoue et sous la flotte cet été la ! ;-)
    miminette