Museum/ Exhibition/ GalleryPoul Fetan (Village de Poul Fetan) > Review
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Parfois lasse de chasser les Korrigans, d'essayer en vain d'entr'apercevoir Merlin au détour d'un sentier de Brocéliande, de se pinter au cidre, de se faire des crêpes en intraveineuse ou de gratouiller sa harpe avec plus ou moins d'inspiration, dame K-pu éprouve un besoin de changement dans ses vacances bretonnes ; un peu de concret, que diable ! Elle décide donc de plonger au cœur de la Bretagne profonde, et c'est sur le joli village Poul-Fetan que se porte son choix.
Poule fait tant ??
Poul-Fetan, quel drôle de nom ! En langage clair, cela signifie le lavoir de la fontaine ou le lavoir de la source, lavoir que l'on peut encore voir en contrebas dans le village, abrité par un saule et par d'autres arbres. La source alimente un ruisseau jaillissant en cascades au beau milieu des rochers.
L'un des dépliants que je viens de retrouver - et qui va m'aider pour la rédaction de cet avis ! - me susurre encore le dépaysement d'un village d'antan. Au bout d'une petite route sinuant entre les bois, découvrez, cachés dans leur écrin de verdure, les chaumières et le terroir entièrement restaurés. Vous pouvez y voir les animaux de la ferme, les cultures, les gestes de la vie paysanne tels qu'ils étaient au XIXe siècle.
Un écrin de verdure. C'est tout à fait cela ! Le site, hors du temps, est véritablement enchanteur.
Petit mais riche en histoire !
Ce village breton typique est situé en haut d'un vallon encaissé qui domine la vallée du Blavet. Depuis le XVIe siècle et jusqu'en 1970, il a abrité 4 à 5 familles. Acheté en 1997 par la commune de Quistinic, sa restauration a duré 13 ans pour les bâtiments et seulement 2 ans pour le terroir.
De part et d'autre de ce vallon s'étendent sur 9 hectares herbiers, landes, châtaigneraies et cultures, témoignant ainsi de la volonté humaine de tirer parti de cet endroit privilégié.
Le terroir
C'est sur le grand coteau au nord du village que s'étendait jadis la majeure partie des cultures. Au sud, elles correspondent désormais au seuls endroits labourables. On y pratiquait une rotation sur 3 années ( un froment ; une céréale secondaire ; une jachère souvent pâturée ).
Dans la vallée, le fleuve fut canalisé dans la première moitié du XIXe siècle ; bien que rapidement concurrencé par la voie ferrée, il a participé à l'introduction des engrais à l'intérieur des terres.
Les herbiers, comme leur nom l'indique, produisaient dès la fin de l'hiver de l'herbe destinée à être fauchée ; ces parcelles se devaient d'être bien exposées, bien abritées, et surtout, humides.
Situées au-dessus de la rigole principale, d'autres petites parcelles étaient pâturées par les animaux.
Apparus assez tard dans les villages, les jardins abritaient les fleurs et les légumes ; ils faisaient jadis partie des courtils, des parcelles situées non loin des maisons qui recevaient les cultures domestiques et les arbres fruitiers.
Sur l'aire à battre s'effectuait le battage au fléau des céréales ; lors de sa réfection, qui était l'occasion de danses, sa surface était damée par les sabots des danseurs !
Les beaux arbres de la châtaigneraie fournissaient le bois nécessaire aux habitants ( planches, pièces de charpente, perches ). Les châtaignes, récoltées à l'automne, étaient consommées soit grillées, soit cuites à l'eau. Enfin, les feuilles des sous-bois procuraient la litière aux animaux.
La lande, quant à elle, représentait la seule possibilité de mettre en valeur les sols qui étaient difficiles à cultiver.
Les bâtiments
La visite guidée commence par l'intérieur breton de ti Louise : au rez-de-chaussée se trouve la pièce principale où l'on mange et où l'on dort ; à l'étage sont stockés les grains dans un immense grenier, et les fourrages au-dessus des logements des animaux.
Nous nous rendons ensuite dans une autre chaumière afin d'observer l'évolution du costume de Quistinic de 1800 à 1932, et par la même occasion, nous écoutons notre guide, une jeune femme très pince-sans-rire, nous parler de la façon dont les mariages étaient arrangés au XIXe siècle, et comment un jeune homme ou une jeune femme pouvait y échapper.
La remise fait également partie des bâtiments que nous visitons : à cet endroit sont entreposés les machines agricoles et le petit matériel de ferme. Notre guide nous laisse un petit moment pour regarder autour de nous et lire les panneaux explicatifs.
Ce que nous n'avons pas vu
Probablement en accès libre car nous ne nous y sommes pas rendus durant la visite guidée :
- l'atelier de poterie ( fabrication et cuisson à l'ancienne ),
- ti forn, la fabrication du pain cuit au feu de bois,
- la maison de la teinture de la laine.
Dans une autre chaumière, enfin, un film de 35 minutes raconte l'histoire de Poul-Fetan ( architecture, restauration, etc ).
La ferme à l'ancienne et les z'animos
Vache Pie Noire, poule Coucou de Rennes, porc blanc de l'Ouest, mouton Lande de Bretagne, chèvre des fossés et cheval de trait breton, voilà ce qu'était le cheptel d'une famille du XIXe siècle, composé de races faisant aujourd'hui l'objet d'un plan de sauvegarde. Autrefois répandues dans les fermes, ces races représentaient une véritable providence pour les paysans bretons.
Pour ma part, j'ai croisé un coq hargneux qui souffrait manifestement de décalage horaire et lançait son chant toutes les 5 minutes assez tard dans la matinée, quelques poules, un petit veau qui prenait grand plaisir à se faire caresser, et une truie plongée dans les bras de Morphée, ronflant de bonheur à plein régime ( la truie, pas Morphée ).
C'est la fête au village
Tous les après-midi, pendant les mois de juillet et août, il est possible de découvrir les gestes de la vie paysanne :
- les lavandières,
- le filage de la laine,
- la fabrication du beurre,
- la bouillie de millet,
- la traite des vaches,
- les jeux bretons,
- l'empesage de coiffe,
et bien d'autres choses encore ! J'ai même lu quelque chose concernant la fabrication des crêpes ! ;o)
N'hésitez pas, demandez le programme !
A mon grand regret, je n'ai pu assister aux animations de la vie paysanne car nous avions également prévu de visiter le zoo de Pont-Scorff ; mais si nous avions été mieux renseignés, nous ne serions venus que l'après-midi car toutes les explications données le matin pendant la visite guidée le sont également l'après-midi dans chaque chaumière par une personne en costume. C'est surtout à ce moment-là que le village s'anime, à l'extérieur comme à l'intérieur, et cela doit valoir le détour.
Un p'tit creux ?
Quand le bidou gargouille, plusieurs solutions s'offrent à vous :
1°) ressortir du village et pique-niquer près du parking où se trouve une aire aménagée,
2°) déjeuner à l'auberge-taverne ( 02 97 39 73 33 ), où l'on vous proposera des menus plus ou moins légers pour votre estomac et votre bourse,
3°) faire le plein du côté de ti bouid er vro, la boutique des produits du terroir, ou aller dans le village acheter un kouign-amann, que l'on dégustera ( ou que l'on engloutira sans vergogne ! ) assis sur un banc, à l'ombre d'un grand arbre.
Souvenirs, souvenirs
Situés non loin l'un de l'autre, deux commerces vous accueilleront au terme de la visite.
Ne manquez pas la boutique des produits du terroir, il y a là de quoi faire des folies ! Farine, caramels, salidou, conserves salées et sucrées, bonbons, confitures en tous genres, biscuits, chouchen, livres, cartes postales, le choix est vaste et une fois qu'on est entré dans ce petit magasin, on a bien de la difficulté à s'en extirper ! ;o)
A côté de cette boutique se trouve un grand bâtiment abritant une exposition artisanale qui vaut également le détour ; on trouve là des petits cadeaux mignons comme tout, à tous les tarifs : bougies, bijoux, objets sculptés ou en tissu, pendules, porte-clefs, petites sorcières à suspendre.
Alors, K-pu ?
J'ai beaucoup aimé cet endroit ; certes, pour ce qui est du village, on en a vite fait le tour. Mais le site est magnifique, et si j'ai l'occasion d'y retourner, je compte bien prendre mon temps et flâner un maximum en prenant le temps de m'en mettre plein les mirettes ! Les chaumières sont particulièrement croquignolettes ; petite particularité à signaler, elles sont ornées au niveau de leur toiture de nombreux iris, qui ont été plantés là non par souci de décoration mais par esprit pratique : leurs racines qui s'entremêlent représentent une excellente protection contre l'humidité et absorbent le trop-plein d'eau lorsqu'il pleut, préservant ainsi les toitures.
Ayant de plus été déçue puisque je n'ai pu assister aux animations de l'après-midi, j'avoue que je reviendrais bien volontiers, entre autres choses afin de compléter mon éducation sur la culture bretonne d'un village à l'ancienne !
Où qu'c'est-y donc ??
Poul-Fetan
56310 QUISTINIC
02 97 39 51 74
www.poul-fetan.com
www.patrimoine-morbihan.com
Le village, ouvert du 3 avril au 31 octobre lorsque je l'ai visité en 2004, est désormais ouvert du 1er avril au 23 septembre.
Tarifs : adultes 6€ ( avril et mai ), 7€ ( juin à septembre ), enfants de 6 à 12 ans 3€. Gratuité pour les enfants ayant moins de 6 ans.
Bonne visite.
Kenavo, et merci pour vos lectures !
Poule fait tant ??
Poul-Fetan, quel drôle de nom ! En langage clair, cela signifie le lavoir de la fontaine ou le lavoir de la source, lavoir que l'on peut encore voir en contrebas dans le village, abrité par un saule et par d'autres arbres. La source alimente un ruisseau jaillissant en cascades au beau milieu des rochers.
L'un des dépliants que je viens de retrouver - et qui va m'aider pour la rédaction de cet avis ! - me susurre encore le dépaysement d'un village d'antan. Au bout d'une petite route sinuant entre les bois, découvrez, cachés dans leur écrin de verdure, les chaumières et le terroir entièrement restaurés. Vous pouvez y voir les animaux de la ferme, les cultures, les gestes de la vie paysanne tels qu'ils étaient au XIXe siècle.
Un écrin de verdure. C'est tout à fait cela ! Le site, hors du temps, est véritablement enchanteur.
Petit mais riche en histoire !
Ce village breton typique est situé en haut d'un vallon encaissé qui domine la vallée du Blavet. Depuis le XVIe siècle et jusqu'en 1970, il a abrité 4 à 5 familles. Acheté en 1997 par la commune de Quistinic, sa restauration a duré 13 ans pour les bâtiments et seulement 2 ans pour le terroir.
De part et d'autre de ce vallon s'étendent sur 9 hectares herbiers, landes, châtaigneraies et cultures, témoignant ainsi de la volonté humaine de tirer parti de cet endroit privilégié.
Le terroir
C'est sur le grand coteau au nord du village que s'étendait jadis la majeure partie des cultures. Au sud, elles correspondent désormais au seuls endroits labourables. On y pratiquait une rotation sur 3 années ( un froment ; une céréale secondaire ; une jachère souvent pâturée ).
Dans la vallée, le fleuve fut canalisé dans la première moitié du XIXe siècle ; bien que rapidement concurrencé par la voie ferrée, il a participé à l'introduction des engrais à l'intérieur des terres.
Les herbiers, comme leur nom l'indique, produisaient dès la fin de l'hiver de l'herbe destinée à être fauchée ; ces parcelles se devaient d'être bien exposées, bien abritées, et surtout, humides.
Situées au-dessus de la rigole principale, d'autres petites parcelles étaient pâturées par les animaux.
Apparus assez tard dans les villages, les jardins abritaient les fleurs et les légumes ; ils faisaient jadis partie des courtils, des parcelles situées non loin des maisons qui recevaient les cultures domestiques et les arbres fruitiers.
Sur l'aire à battre s'effectuait le battage au fléau des céréales ; lors de sa réfection, qui était l'occasion de danses, sa surface était damée par les sabots des danseurs !
Les beaux arbres de la châtaigneraie fournissaient le bois nécessaire aux habitants ( planches, pièces de charpente, perches ). Les châtaignes, récoltées à l'automne, étaient consommées soit grillées, soit cuites à l'eau. Enfin, les feuilles des sous-bois procuraient la litière aux animaux.
La lande, quant à elle, représentait la seule possibilité de mettre en valeur les sols qui étaient difficiles à cultiver.
Les bâtiments
La visite guidée commence par l'intérieur breton de ti Louise : au rez-de-chaussée se trouve la pièce principale où l'on mange et où l'on dort ; à l'étage sont stockés les grains dans un immense grenier, et les fourrages au-dessus des logements des animaux.
Nous nous rendons ensuite dans une autre chaumière afin d'observer l'évolution du costume de Quistinic de 1800 à 1932, et par la même occasion, nous écoutons notre guide, une jeune femme très pince-sans-rire, nous parler de la façon dont les mariages étaient arrangés au XIXe siècle, et comment un jeune homme ou une jeune femme pouvait y échapper.
La remise fait également partie des bâtiments que nous visitons : à cet endroit sont entreposés les machines agricoles et le petit matériel de ferme. Notre guide nous laisse un petit moment pour regarder autour de nous et lire les panneaux explicatifs.
Ce que nous n'avons pas vu
Probablement en accès libre car nous ne nous y sommes pas rendus durant la visite guidée :
- l'atelier de poterie ( fabrication et cuisson à l'ancienne ),
- ti forn, la fabrication du pain cuit au feu de bois,
- la maison de la teinture de la laine.
Dans une autre chaumière, enfin, un film de 35 minutes raconte l'histoire de Poul-Fetan ( architecture, restauration, etc ).
La ferme à l'ancienne et les z'animos
Vache Pie Noire, poule Coucou de Rennes, porc blanc de l'Ouest, mouton Lande de Bretagne, chèvre des fossés et cheval de trait breton, voilà ce qu'était le cheptel d'une famille du XIXe siècle, composé de races faisant aujourd'hui l'objet d'un plan de sauvegarde. Autrefois répandues dans les fermes, ces races représentaient une véritable providence pour les paysans bretons.
Pour ma part, j'ai croisé un coq hargneux qui souffrait manifestement de décalage horaire et lançait son chant toutes les 5 minutes assez tard dans la matinée, quelques poules, un petit veau qui prenait grand plaisir à se faire caresser, et une truie plongée dans les bras de Morphée, ronflant de bonheur à plein régime ( la truie, pas Morphée ).
C'est la fête au village
Tous les après-midi, pendant les mois de juillet et août, il est possible de découvrir les gestes de la vie paysanne :
- les lavandières,
- le filage de la laine,
- la fabrication du beurre,
- la bouillie de millet,
- la traite des vaches,
- les jeux bretons,
- l'empesage de coiffe,
et bien d'autres choses encore ! J'ai même lu quelque chose concernant la fabrication des crêpes ! ;o)
N'hésitez pas, demandez le programme !
A mon grand regret, je n'ai pu assister aux animations de la vie paysanne car nous avions également prévu de visiter le zoo de Pont-Scorff ; mais si nous avions été mieux renseignés, nous ne serions venus que l'après-midi car toutes les explications données le matin pendant la visite guidée le sont également l'après-midi dans chaque chaumière par une personne en costume. C'est surtout à ce moment-là que le village s'anime, à l'extérieur comme à l'intérieur, et cela doit valoir le détour.
Un p'tit creux ?
Quand le bidou gargouille, plusieurs solutions s'offrent à vous :
1°) ressortir du village et pique-niquer près du parking où se trouve une aire aménagée,
2°) déjeuner à l'auberge-taverne ( 02 97 39 73 33 ), où l'on vous proposera des menus plus ou moins légers pour votre estomac et votre bourse,
3°) faire le plein du côté de ti bouid er vro, la boutique des produits du terroir, ou aller dans le village acheter un kouign-amann, que l'on dégustera ( ou que l'on engloutira sans vergogne ! ) assis sur un banc, à l'ombre d'un grand arbre.
Souvenirs, souvenirs
Situés non loin l'un de l'autre, deux commerces vous accueilleront au terme de la visite.
Ne manquez pas la boutique des produits du terroir, il y a là de quoi faire des folies ! Farine, caramels, salidou, conserves salées et sucrées, bonbons, confitures en tous genres, biscuits, chouchen, livres, cartes postales, le choix est vaste et une fois qu'on est entré dans ce petit magasin, on a bien de la difficulté à s'en extirper ! ;o)
A côté de cette boutique se trouve un grand bâtiment abritant une exposition artisanale qui vaut également le détour ; on trouve là des petits cadeaux mignons comme tout, à tous les tarifs : bougies, bijoux, objets sculptés ou en tissu, pendules, porte-clefs, petites sorcières à suspendre.
Alors, K-pu ?
J'ai beaucoup aimé cet endroit ; certes, pour ce qui est du village, on en a vite fait le tour. Mais le site est magnifique, et si j'ai l'occasion d'y retourner, je compte bien prendre mon temps et flâner un maximum en prenant le temps de m'en mettre plein les mirettes ! Les chaumières sont particulièrement croquignolettes ; petite particularité à signaler, elles sont ornées au niveau de leur toiture de nombreux iris, qui ont été plantés là non par souci de décoration mais par esprit pratique : leurs racines qui s'entremêlent représentent une excellente protection contre l'humidité et absorbent le trop-plein d'eau lorsqu'il pleut, préservant ainsi les toitures.
Ayant de plus été déçue puisque je n'ai pu assister aux animations de l'après-midi, j'avoue que je reviendrais bien volontiers, entre autres choses afin de compléter mon éducation sur la culture bretonne d'un village à l'ancienne !
Où qu'c'est-y donc ??
Poul-Fetan
56310 QUISTINIC
02 97 39 51 74
www.poul-fetan.com
www.patrimoine-morbihan.com
Le village, ouvert du 3 avril au 31 octobre lorsque je l'ai visité en 2004, est désormais ouvert du 1er avril au 23 septembre.
Tarifs : adultes 6€ ( avril et mai ), 7€ ( juin à septembre ), enfants de 6 à 12 ans 3€. Gratuité pour les enfants ayant moins de 6 ans.
Bonne visite.
Kenavo, et merci pour vos lectures !
Comments to this review
-
bdlachipie, 11.11.2007 21:06 o'clock
Kenavo sister .... Une seule remarque : tu te débrouilles toujours pour rencontrer un cochon partout où tu passes ... c'est un signe ... -)















































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