ggtraveler
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Chatenay Malabry, France
Allusion facile au tailleur de menhir le plus connu de Gaule, quoi que ces mégalithes ne datent pas vraiment de la même période, mais bon ! Là encore, une redécouverte d'un lieu connu dans ma petite enfance. Quelques rares souvenirs d'être monté sur ce fameux menhir et d'avoir joué à Astérix en me glissant dessous pour le soulever. Ou quand les souvenirs d'enfant se retrouvent confrontés à une réalité un peu différente !
Locmariaquer, un village qui ne pourrait pas renier ses origines bretonnes, déposé sur la langue de terre qui ferme le Golfe du Morbihan à l'ouest. Village qui semble avoir rassemblés l'essentiel des mégalithes du coin. Car en dehors du site des mégalithes aussi appelé site de la table des Marchands, on aperçoit divers panonceaux pour annoncer ici et là un dolmen ou autre chose du genre sans oublier les Pierres Plates, à la sortie du village, non loin de la pointe de Kerpenhir, un allée couverte de dalles bien plates.
Accessibility
100 out of 100
"Must See"-Factor
90 out of 100
Budget Friendliness
80 out of 100
C'est assez rare dans le coin pour être noté mais ce site est particulièrement bien indiqué. On y arrive assez facilement. Un parking permet de stationnement facilement. Pour ceux qui ne voudraient payer pour entrer sur le site, il suffit de longer la clôture jusqu'à atteindre la petite butte de terre qui sert de point de vue sur l'intérieur du site. Sinon, il suffit de franchir les portes du cube de béton qui sert d'accueil. Tout à la fois boutique, billetterie, mini-musée, salle vidéo. Autant dire qu'il y a de quoi être calé sur cette période de l'histoire avant même d'avoir visiter le site. Il faudra s'acquitter d'une entrée de 5 euros pour continuer. En été, en rajoutant deux petits euros, il est même possible d'obtenir un billet jumelé avec le site de Carnac.
Trois fois par jour (à 11h, 14h30 et 16h), les guides du site proposent une visite commentée des lieux pour mieux comprendre l'histoire des lieux. Sinon, muni du dépliant fourni avec le billet d'entrée, les visiteurs peuvent déambuler tranquillement autour des mégalithes du site, la lecture les aidant à comprendre les dessous de ces lieux.
La première vision en sortant du bâtiment d'accueil est un tas de pierres, qui semblent entassés un peu en désordre, un grosse dalle surmontant le tout. Mais en faisant le tour, on ne perçoit ni entrée, ni réelle organisation. D'ailleurs, l'amas de poursuit par une sorte de muret de pierre au ras du sol. Il s'agit en fait du tumulus d'Er Grah (ou d'Er Vinglé, c'est selon), qui fut réellement découvert dans toute son ampleur seulement au début des années 90 (il a même servi d'aire de stationnement dans les années soixante !). Ce tumulus est tout simplement un sépulture à caveau fermé. Du fait des dimensions imposantes (140 mètres de long au total), les spécialistes s'accordent à penser que les personnages inhumés là devaient être très importants. Aujourd'hui on peut seulement apercevoir un tas de pierres ; mais la zone muséale du bâtiment d'accueil permet par le biais de photos et de la vidéo de se rendre compte de ce qu'est l'intérieur de ce cairn.
En descendant un peu plus bas, par le chemin du fond, on tombe sur un nouveau tas de pierres. Cette fois, il semble beaucoup plus organisé. Les pierres y sont arrangés de manière plus cohérente, au moins pour une bonne partie. La structure présente une forme tout en ronde, tant dans son plan au sol, que dans son sommet. Il s'agit de l'édifice qui à donner son nom au lieu : le dolmen de la Table des Marchands, sauf que ce dolmen ne ressemble en rien à l'image qu'on peut en avoir. On n'aperçoit ni allée, ni dalle de couverture. Par contre, en contournant le dolmen, on finit par trouver un porte basse, faite d'un énorme linteau de granit placé sur deux bien fines pierres verticales. Pour protéger les lieux, une porte en bois a été rajoutée.
C'est là qu'un guide se révèle utile, d'une part pour vous révéler les secrets de ce, dolmen qu'on peu facilement manquer si on ne connaît pas, et d'autre part pour sa lampe qui permet de révéler les trésors de la Table des Marchands. Derrière la porte s'ouvre un couloir droit, mais assez court, tout aussi bas que le linteau d'entrée. Sur la gauche, on peut distinguer sur une des dalles verticales une gravure encore indéterminée à ce jour. Quelques pas plus loin, on débouche dans la chambre. Petit à petit, le plafond du couloir s'est élevé jusqu'à atteindre la chambre qui surprend par sa hauteur sous plafond.
Face au couloir se dresse une massive dalle en forme d'ogive, comme incrustée dans la paroi du cairn. C'est la Table des Marchands. Sa particularité et son originalité résident dans sa surface presque intégralement recouverte de crosses sculptées en relief. Une lumière rasante est idéal pour profiter du spectacle. La face arrière est aussi ornée, mais pour cela il faut croire les archéologues qui l'ont étudiée. Pour la suites des observations, il faut lever la tête, et se munir de lumière. Car le plafond du dolmen est tout simplement constitué d'un morceau d'un second grand menhir brisé, dont un morceau est sur l'île de Gravinis à quatre kilomètres de là !! Cette dalle est donc ornée d'une imposante hache emmanchée, d'une crosse (à l'image de celles de la table) juste au-dessus, et pour finir, en bordure de la dalle, de la partie inférieure d'un bovidé. C'est d'ailleurs cette sculpture qui a permis de faire le lien avec la dalle de Gavrinis. Aujourd'hui, on ignore encore où se trouve la troisième portion de ce menhir brisé qui s'élevait à côté du Grand Menhir Brisé toujours présent à Locmariaquer.
C'est d'ailleurs lui qu'on retrouve pour la suite et la fin de la visite. En retournant vers l'entrée, on passe devant quatre énormes blocs de granit. Voici ce qui reste du grand menhir qui dominait de ses 18,5 mètres le site. Il reste aujourd'hui le plus grand menhir connu en Europe. Chose assez extraordinaire, les scientifiques sont sûrs qu'il a été transporté sur des kilomètres jusqu'à Locmariaquer. Déplacer 280 tonnes près de 4500 ans avant J.C. paraît totalement inconcevable. Juste à côté, un alignement de zones empierrées circulaires rappellent que dix-huit autres menhirs s'alignaient avec le grand. D'ailleurs personne ne s'explique pourquoi seul le Grand Menhir, même brisé, a été préservé, jamais réemployé dans d'autres édifices funéraires de la région.
Cette invraisemblable densité de monuments mégalithiques sur une surface si limitée fut dressée entre -4500 et -3900 avant J.C. Dans cette fin de la préhistoire, au Néolithique, les populations nomades se sédentarisent et voient leur mode de vie évoluer. Le site de Locmariaquer en représente l'aspect religieux et funéraire.
Encore une fois, ce retour sur des lieux découverts dans ma tendre enfance a surpris ma mémoire qui avait gravé des impressions bien différentes ! Assurément, la visite en valait la peine.