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Portrait d Hunter en chasseur de toiles (07.12.2007)
madmike
madmike (32)
PARIS, France

Sir William Hunter fut l un des anatomistes les plus réputés du XVIIIème siècle, et ses leçons publiques attiraient presqu autant de spectateurs que les pièces jouées par la vedette théâtrale de l époque, Garrick. Sa renommée fut telle qu il fut l un des membres fondateurs de la prestigieuse Royal Academy of Art londonienne, au côté de peintres tels que Joshua Reynolds ou Angelica Kaufmann, sa présence parmi les fondateurs était d ailleurs presqu une anomalie dans une institution dédiée aux artistes.
Son nom aurait sans doute depuis glissé dans l oubli, s il n avait également été un collectionneur avisé, réunissant une collection éclectique de soixante-cinq peintures, 1500 monnaies antiques et nombre de curiosités, qu il légua à sa mort à l université de Glasgow, qui avait la première reconnu son mérite en le nommant doctor honoris causa alors qu il n avait que trente-trois ans.
La collection de peintures devait former le noyau de l un des nombreux musées de la ville de Glasgow, nommé en son honneur Hunterian Art Gallery


Le bâtiment sans caractère est un peu excentré.
L université de Glasgow et ses dépendances, dont la Hunterian Art Gallery, se trouvent en effet dans le West End, autrement dit l extrémité Ouest de la ville, et l ensemble est à environ un kilomètre du centre-ville, une balade qui serait symapthique si le climat de Glasgow était un peu moins humide.
Les bâtiments de l université sont d un néo-gothique point désagréable, mais la Hunterian Art Gallery est elle dans une construction de béton de 1980, dont le côté légèrement blockhaus n est pas des plus esthétiques, et reflète hélas les tendances de l architecture d alors, pas franchement inspirée.


L entrée en est libre.
Les musées britanniques sont souvent gratuits, et celui-ci fait partie de ces établissements culturels libres d accès, ce qui ne l empêche pas d avoir fort peu de visiteurs, en tout cas en semaine, et sans doute beaucoup moins que ne le mériterait la qualité de sa collection.
Les services sont d ailleurs réduits au minimum, le microscopique café Chardin n est ainsi ouvert que certains jours, et bien évidemment pas celui où je suis passé, et le vestiaire se limite à un long porte-manteau en libre accès. Il y a quand même une petite boutique, essentiellement dédiée à l architecte et designer Charles Rennie Mackintosh, dont la maison reconstituée est voisine avec le musée. Et si l on désire boire ou se restaurer, il est possible d aller jusqu au café de l université, distant seulement de cent mètres. L ouverture des galeries est elle-même un peu aléatoire, le second étage était par exemple inopinément fermé lors de ma visite, pour des raisons pas franchement claires



La collection ancienne est intéressante.
La mise au tombeau que William Hunter croyait être de Raphael s avère certes être une copie, mais une excellente copie de Giovanni Lanfranco , dont la lumière est digne du maître, tandis que le Martyre de Sainte-Catherine de Jan Cossiers est plein de cette verve pittoresque caractéristique des flamands, et que d ailleurs Hunter était alors l un des seuls à priser.
La Famille paysanne au puis est un joli Mathieu Le Nain, avec ce mélange de noblesse rurale et de petites maladresses caractéristique des frères Le Nain, mais le clou de la collection est cependant un ensemble de trois Jean Baptiste Siméon Chardin de la plus belle eau, dont une Femme au thé (1735) qui est en fait un portrait de la femme de l artiste, tout en finesse, la femme est délicatement accoudée à une table rouge, au tiroir entrouvert afin d accentuer l impression de profondeur.
L on peut aussi remarquer une Etude de tête de Pier Paul Rubens , belle tête de vieillard vigoureusement brossée, et qui fut paraît-il reprise par le peintre anversois dans plusieurs de ses toiles religieuses, et un petit Rembrandt van Rijn , une Mise au tombeau à peine esquissée de quelques coups de pinceaux vigoureux, mais dont la lumière crépusculaire est caractéristique du maître.
Et Hunter ne négligeait point l art contemporain de son époque, faisant réaliser son portrait par l écossais Allan Ramsay , qui a brossé là une toile magistrale, le fondateur du musée semble regarder le visiteur d un air légèrement ironique


Le musée s est depuis enrichi.
La belle-sœur et héritière de l américain James MacNeill Whistler a légué un ensemble d œuvres et objets de l artiste, et l on peut ainsi admirer quelques meubles superbes de sa demeure, et surtout de très belles toiles, un ensemble de portraits en pied magnifique, dont celui de son épouse, suffisamment aimée pour qu à sa disparition il reprenne son propre autoportrait pour le doter d un vêtement noir indiquant le deuil ! Les études sont plus anecdotiques, de simples panneaux de bois qu il pouvait emporter avec lui lors de ses promenades picturales, et peindre directement sur le motif, et les autres toiles sont d intérêt inégales, quelques portraits rapidement brossés de jeunes femmes valent le coup d œil, surtout si l on sait que l américain les peignait en une heure et demie, rivalisant ainsi de rapidité avec le Fragonard des Figures de fantaisie.
La collection écossaise occupe un étage entier, et est paraît-il remarquable, mais pour que j en puisse parler autrement que par ouï-dire, il aurait fallu qu elle soit ouverte le jour de mon passage


La présentation est changeante.
Les salles du musées sont vastes, et peu fréquentées, ce qui permet d apprécier tout à son aise les œuvres, mais elles sont malgré tout insuffisantes au regard des collections, dont seule une partie est présentée à un instant donné.
Le musée organise ainsi régulièrement des expositions permettant d insister sur tel ou tel aspect de ses collections, ce qui permet de ressortir des réserves des œuvres qui y sommeillaient. Ainsi par exemple l année 2006 avait-elle vu une exposition consacrée à Charles Rennie Mackintosh , tandis que l automne 2007 met à l honneur la Collection artistique de William Hunter le fondateur du musée.
Ce principe de rotation intelligente permet de pallier le manque de surface, tout en offrant en permanence au visiteur un bel ensemble



L Hunterian Art Gallery vaut la visite.
Le généreux legs de Sir William Hunter a permis l ouverture en 1807 de ce musée, alors premier musée de peinture britannique, et le noyau initial de la collection de peinture, déjà remarquable, a été largement complété depuis, par l héritage de Whistler et par des legs ou acquisitions.
L entrée libre permet d apprécier d autant plus aisément cette jolie collection de peintures, même si l on peut regretter que l insuffisance de moyen se traduise parfois par des fermetures intempestives de salles, et la seule raison de ne pas la visiter lors d un séjour à Glasgow serait la concurrence de nombreux autres musées, eux aussi fort riches

Note : 8/10


Hunterian Art Gallery
- 82 Hillhead Street ; Glasgow
- tél : (0141) 330 5431
- www.hunterian.gla.ac.uk
- de lundi à samedi : 09h30 - 17h00
- entrée libre

Accessibility
70 out of 100
"Must See"-Factor
80 out of 100
Budget Friendliness
90 out of 100
Architecture
60 out of 100
Concept
90 out of 100
Exhibits
80 out of 100
Relevance
80 out of 100

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Comments to this review

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    papillotte14, 11.12.2007 18:03 o'clock


    Quelle riche opinion!
    papillotte14