Detailed review by Rebour
Rebour
Languedoc, France98%
Le dernier dimanche d’août 2010, nous décidons de visiter le château de Quéribus situé à proximité du joli village de Cucugnan. Il offre un magnifique panorama de la mer Méditerranée jusqu’aux Pyrénées.
SON HISTOIRE
Quéribus est cité pour la première fois en 1020. En 1111, le château de Quéribus, de Peyrepertuse et le village de Cucugnan entrent dans le domaine du comte de Barcelone.
1200 la religion Cathare se développe face à un clergé corrompu. Le roi de France et l'église catholique organisent la croisade contre les Albigeois à partir de 1208. Je ne vais pas vous écrire le détail de cette période sanglante de l’histoire, mais le fait est que le château de Quéribus fut l’un des derniers a être pris par les croisés, en 1255, juste après le bûcher de Montségur.
Le château comme la région rentre dans le territoire de France sous le règne de Saint Louis. En 1258, le traité de Corbeil fixe la limite géographique entre la France et l’Aragon à proximité de Quéribus. Ce dernier devient un élément défensif français dont le centre est Carcassonne, l’un des " cinq fils de Carcassonne " avec les châteaux d’Aguilar, Peyrepertuse, Puylaurens et Termes.
Le traité des Pyrénées fixe la nouvelle frontière entre la France et l’Espagne, (frontière qui n’a pas changée jusqu’à aujourd’hui) : Quéribus perd son intérêt militaire et géographique en 1659.
Le château est classé monument historique depuis 1907. Il est régulièrement restauré depuis plus de 10 ans.
SUIVEZ LE GUIDE
Un petit sentier mène à l’entrée du château. La montée dure 10 minutes environ. Notre guide nous montre une plate forme qui servait d’écurie au temps jadis. Le mur extérieur, d’une épaisseur de plusieurs mètres, est orné par des rangées de boulets de pierres. Sur celui du côté Est, le château semble sortir de la roche : il ne fait qu’un avec elle et semble indiquer l’ancienneté de cette partie.
Nous empruntons des escaliers de pierres assez glissants et usés par le temps. La tramontane souffle très fort au niveau de la porte d’entrée, c’est impressionnant. Nous avons du mal à tenir en équilibre.
Une fois entré dans les murs de l’enceinte, la guide nous montre un petit escalier qui longe le mur et atteint le haut de la porte d’entrée. Un assommoir , c’est à dire une fente de la largeur de la porte a été prévu dans les parois du mur. Cet assommoir permettait aux soldats de lancer des pierres sur les assaillants qui auraient atteints l’extérieur de la porte d’entrée.
Nous continuons notre ascension, la tramontane souffle encore plus. Nous atteignons une plate forme, nous avons changé d’orientation : le vent n’atteint pas cette partie et nous pouvons admirer la plaine viticole et le village de Maury.
Encore quelques marches et nous atteignons la caserne qui accueillait une vingtaine des soldats. La " pièce " assez petite est aujourd’hui à ciel ouvert.
Notre guide nous montre le bas de la citerne qui alimentait, par un système de récupération d’eau, les hommes, les chevaux et les animaux de bassecour.
Nous avançons encore et prenons la porte d’entrée de la 3ème enceinte surmontée des vestiges d’une bretèche. Nous rentrons dans une salle voûtée qui servait de réserve de poudre à canon. La pièce suivante est le haut de la citerne. Elle est équipée de plusieurs canalisations de pierres qui permettaient à l’eau d’arriver jusqu’à la citerne. Juste à côté se trouvent les vestiges d’un four.
Nous ressortons et juste en face se trouve le corps de logis sur trois niveaux. Cette salle est aujourd’hui à ciel ouvert, mais possède encore ses fenêtres qui permettaient une vue magnifique sur la plaine. Nous sommes côté sud, le soleil brille, l’endroit est très agréable.
Nous montons encore quelques marches et arrivons dans une cour. Au fond à gauche des meurtrières permettent de voir le village de Cucugnan. Le vent est tellement violent que nous ne pouvons pas rester là.
De la cour, au fond à droite se dresse le donjon polygonal. Nous prenons un escalier et arrivons dans une salle gothique qui est de toute beauté. Une imposante fenêtre éclaire cette salle à deux niveaux. Les voûtes reposent sur un pilier massif. Cette salle ne date pas de l’époque cathare mais aurait été construite par le "roi de France". (lequel ? je ne sais pas !!!)
Nous prenons un escalier à vis et arrivons à une terrasse rectangulaire accolée au donjon. De ce point culminant nous pouvons admirer le panorama à 360°qui s’étend de la mer à l’est aux Corbières et jusqu’aux Pyrénées. Notre guide nous montre la colline, en face, par où seraient arrivés les croisés. Elle est hélas au même niveau que Quéribus et pas très éloignée.
AUTRES
La guide accompagne les visites tous les jours à 11 H et 15 H. Elle n’est pas professionnelle, ne lui posez pas de questions ; autre que son texte, elle est incapable de vous répondre et suppose des incohérences dûes à son manque de connaissances de l’histoire cathare et de l’histoire de France en général. C’est bien dommage !
Bien sur, les personnes à mobilité réduite ne pourront pas visiter Quéribus. Munissez-vous de basket ou chaussures de marches, les escaliers taillés dans la roche sont bien glissants. Laissez vos casquettes et chapeaux dans la voiture, le vent est trop violent.
Je vous conseille de prendre un "passeport des sites du pays cathare" si vous devez visiter au moins deux châteaux ou abbaye sur une année glissante.
En conclusion, je dirais que le château de Quéribus est le témoin incontournable des évènements dramatiques qui ont marqué la région, au même titre que les châteaux de Puylaurens, Peyrepertuse, Lastours, Montségur, pour ne citer que les plus connus.
Le château de Quéribus résista aux croisades contre les Albigeois et il résiste encore aujourd’hui à la tramontane depuis bientôt 1000 ans.
Chateau de Queribus10