Detailed review by weetoon
weetoon(45)
Ecosse, United Kingdom98%
L'île d'Islay, dans l'archipel des Hébrides en Écosse, est surtout connue pour la production de whisky, son activité principale. Avec ses 8 distilleries, elle représente à elle seule une des 5 régions de production de whisky. Sa production est caractérisée par son goût tourbé, voire même pour certains whisky médicamenteux, très appréciés des amateurs de whisky. Celui qui est produit à Bowmore, la ville principale de l'île, est moyennement tourbé.
Lors de notre récent séjour sur cet île, nous n'avons malheureusement pas pu visiter chacune de ces distilleries mythiques, seulement Bowmore.
Ici, la visite guidée est une partie importante des activités. Un centre d'accueil est spécialement aménagé, et une partie non-négligeable du personnel est chargée de l'accueil des visiteurs. La distillerie existe depuis 1779, située sur la rives du Loch Indaal. Malheureusement pour nous, lors de notre visite, la distillerie n'était pas en période de production, ce dont nous avons été prévenus avant d'acheter notre ticket. C'est donc une visite un peu limitée que nous avons faite. Pour commencer, on nous a montré un film sur la distillerie, permettant d'en connaitre un peu l'histoire et les procédés de fabrication du whisky. Ceux-ci sont assez complexe, et une visite de distillerie est grandement améliorée par quelques connaissances de base. Ce qui est particulièrement fascinant, c'est de voir comment, avec les mêmes ingrédients de base (l'eau et l'orge, et dans une moindre mesure la levure), on arrive à produire des arômes et des goûts variant énormément, de la paille à la vanille en passant par le citron et le chocolat... On connait certaines des raisons de ces variations de goût, mais il reste une part de mystère dans ce breuvage.
La production commence par le maltage, où l'orge est mouillé et étalé et doit être tourné régulièrement pendant plusieurs jour, alors qu'il commence à germer. Ceci permet à l'amidon de se transformer en sucre. A Bowmore, seule une partie de l'orge est traitée sur place, à mon avis pour faire couleur locale, le reste provenant d'une malterie locale. Nous n'avons pas pu voir ce procédé, la distillerie ne produisant pas à cette époque de l'année.
Il est très important d'arrêter la germination au moment où l'orge est à son point optimal. Ceci se fait à l'aide d'un four, dans le cas du Bowmore et des autres whisky d'Islay alimenté par de la tourbe. La technique traditionnelle a été un peu changée ici pour utiliser une fraction de la tourbe requise autrefois pour arriver au même résultat, le contrôle des émissions de carbone oblige. De plus, une des particularité de Bowmore est que la chaleur produite durant la production du whisky sert à chauffer le centre d'accueil et aussi la piscine municipale qui se trouve juste à côté. Même si le four ne fonctionnait pas, l'odeur caractéristique de la tourbe règne sur cette partie de la distillerie.
L'étape suivante est le broyage du malt qu'on appelle alors le "grist". On y ajoute ensuite de l'eau chaude par 3 fois pour récupérer le moût contenant le sucre qui permet la fermentation lors de l'étape suivante où l'on ajoute la levure dans le "washback" (sorte d'immense cuve). L'eau utilisé a une grande importance pour le goût du whisky produit, dans le cas du Bowmore une eau ayant passé dans des terrains tourbeux dont elle garde la couleur. La fermentation assez violente secoue ces cuves énormes d'après notre guide, encore une fois nous ne l'avons pas vu... Une sorte de bière aux alentours de 8% d'alcool est le résultat. C'est elle que l'on va distiller deux fois dans des alambics de cuivre. La forme des alambics a une importance elle aussi, et quand une distillerie doit remplacer un alambic, c'est avec un aussi semblable que possible à celui d'origine.
La dernière influence sur le goût du whisky est le vieillissement. Celui-ci ne se fait jamais dans des fûts neufs, mais dans des fûts ayant servi pour du xérès, du bourbon ou plus rarement (souvent de façon expérimentale) d'autres alcools comme le rhum ou le vin de bordeaux. Le choix du fût est une influence énorme sur le goût. Certains disent que la situation des chais compte aussi pour beaucoup, et ceux de Bowmore sont très proche de la mer. Ces chais sont très célèbres chez les amateurs de whisky et j'ai été très déçue de ne les voir que de derrière une vitre, sans pouvoir respirer la "part des anges" (l'évaporation qui se produit naturellement dans les tonneaux poreux).
A la fin de la visite, un petit "dram" (verre de whisky) nous attendais, que nous avons pu déguster à notre rythme en regardant l'exposition de photos anciennes etc.
Je dois avouer avoir été quelque peu déçue de cette visite. Elle était intéressante, mais j'ai eu l'impression qu'il s'agissait d'une opération un peu trop commerciale, pas comme d'autres que j'ai visité où c'est une des personnes qui travaille à la fabrication qui fait visiter. Je pense que ma déception est due en partie au fait que la distillerie n'était pas opérationnelle, mais ce n'est pas a seule raison. Je pense que Bowmore, qui appartient à une compagnie qui possède plusieurs whisky, a perdu un peu du facteur culte que lui donne beaucoup d'amateurs, du moins au niveau de la visite. Le whisky, lui, est superbe.
Bowmore Distillery8
Ratings
-
"Must See"-Factor
-
Budget Friendliness
-
Architecture
-
Concept
-
Relevance