La plus haute cascade du Maroc, plongeant de 100 mètres de haut, vaut le détour pour la beauté des paysages, la majesté des chutes et la végétation très dense qui l'entoure.
-°-°- Situées à 150 kms de Marrakech et 38 kms de Azilal, les chutes sont indiquées assez longtemps à l'avance par des panneaux.
Un parking permet de poser les véhicules pendant toute la durée de la balade. A noter qu'il n'existe pas de tarif prédéfini pour le stationnement, mais qu'un gardien viendra vous demander une petite obole laissée à la discrétion du "client" : on donne ce que l'on veut et quelques dirhams sont fortement appréciés.
-°-°- Une fois stationné, il suffit de se laisser guider par le bruit de l'eau et prendre l'un des deux sentiers, à gauche ou à droite, pour rejoindre le point de départ du jet continu d'une eau fraîche et tourmentée qui se jette, une centaine de mètres plus bas, en un roulement incessant, sculptant la matière sur son passage.
La roche rouge abrupte est impressionnante et vertigineuse.
-°-°- Par l'accès principal, tout le long de la descente, de multiples marches permettent une progression facile vers le fond de la gorge.
Elle est bordée d'une multitude de petits restaurants, plus ou moins bien tenus il faut le signaler, et d'échoppes où les marchands tentent de faire acheter les souvenirs d'usage, bien entendu. Par contre, lors de la remontée, les points de boissons sont les bienvenus, croyez-moi sur parole.
Nul besoin d'un guide pour cheminer et admirer la cascade. En passant simplement son chemin, on décourage les plus entreprenants vendeurs pour obtenir une tranquillité sereine, permettant de profiter au mieux du spectacle.
-°-°- Dans ce secteur, subsistent encore quelques singes magots qu'il est interdit de nourrir mais qui font l'objet, comme partout, de la curiosité des touristes et que certains autochtones alimentent tout de même pour les faire approcher, afin qu'ils posent pour la postérité.
L'espèce étant menacée et attisant, toujours aujourd'hui, la convoitise de certains inconscients, il ne faut pas encourager cette pratique nationale qui consiste à les attraper pour les exposer aux flashs des appareils.
Il est tellement plus sympathique de les apercevoir jouant dans les arbres, ou traverser rapidement un espace dégagé juste devant nos yeux. Lorsque l'on a suffisamment de patience pour éviter de les effrayer, les photos n'en n'ont que plus de valeur et nous avons pu obtenir quatre clichés superbes lors de notre première visite. Je les ai vus cette année, mais fait chou blanc pour le cliché.
-°-°- Tout comme la vallée de l'Ourika, l'endroit est très courru des Marocains, qui viennent dès les premières chaleurs, profiter de la fraîcheur reposante du lieu. Il y a, donc, peu de chances de s'y trouver seuls, sauf si l'on choisit une journée d'hiver un peu pluvieuse comme lors de ma première visite, mais dans ce cas les photos rendent moins bien.
-°-°- Les abords des cascades attirant, également, les foules de touristes ont été quelque peu dénaturées par les inombrables petites boutiques, ou même, par ces curieuses embarcations à touristes, radeaux précaires montés sur des bidons vides, conduites par un "marin" à l'aide de deux pagaies. Ils amènent les curieux jusqu'au milieu de la retenue d'eau naturelle pour les approcher le plus près possible du point d'impact des chutes, afin qu'ils réalisent leurs photographies.
Cela fait aussi partie du jeu et, finalement, j'ai trouvé cet intermède plutôt amusant à observer qu'autre chose.
Les dites embarcations aident, aussi, à traverser d'une rive à l'autre, selon que l'on a emprunté la descente à escalier, ou le chemin pédestre de l'autre côté, le petit pont initialement praticable étant à présent interdit.
-°-°- Une fois au bord de cette retenue, l'on peut encore prolonger un peu la visite en suivant les cours d'eau coulant vers d'autres horizons et créant quelques casses où ils s'étalent, pour reformer d'autres ruisseaux qui vont plus loin encore.
C'est à cet endroit précis, qu'il y a quelques années furent emportés par une terrible crue les petites tentes et bivouacs, ainsi que tous les petits ponts permettant de passer au dessus des vasques où se baignent les gens l'été.
-°-°- De l'autre côté de l'escalier, un petit sentier plus hasardeux remonte sur le sommet de la cascade. C'est, bien entendu, celui que je préfère, plus glissant, mais tellement plus joli et nettement moins fréquenté.
Il est bordé par une magnifique végétation luxuriante, où l'on peut voir de nombreux caroubiers et oliviers. La nature y a tous ses droits et s'harmonise parfaitement avec le mouvement sauvage des chutes.
-°-°- Les deux accès sont, pour moi, indissociables, possédant chacun leur spécificité. Notre ami, pour qui la visite était une première, a particulièrement apprécié la petite randonnée que nous lui avions organisée, n'a pas relevé de difficulté particulière à progresser, si ce n'est dans la remontée des marches, peu hautes, et qui "cassent" un peu les jambes et le souffle.
Tout comme nous, il a mitraillé les chutes toutes les deux minutes pour tenter de saisir la meilleure lumière et s'est déclaré enchanté par l'endroit.
-°-°- La balade la plus sympathique consiste, tout de même si le temps est sec, à descendre par le sentier escarpé, profiter de la nature et des points de vue qui sont totalement différents, puis remonter par le chemin traditionnel, c'est à dire l'escalier, plus facile et moins glissant.
Par contre, par journée pluvieuse, je le sais par expérience, le sentier devient glissant et nécessite de s'y aventurer avec prudence et de bonnes chaussures de marche pour éviter les mauvaises surprises.
Les petits ponts étant inexistants cette année, nous avons tout simplement hélé l'une des petites embarcations pour traverser en toute sécurité, et sommes remontés par l'escalier, ses restos et bistrots, ses boutiques.
-°-°- Que l'on décide, ce qui est à mon sens la promenade la plus parfaite, d'utiliser les deux accès, ou bien de se contenter de l'escalier à l'aller et au retour, moult points de vue occasionnent des haltes photographiques.
Les petits bémols sont pour moi l'aspect trop touristique qui entame le côté sauvage de l'endroit et le manque de respect de certains touristes envers la nature et les singes magots.
Mais nous avons profité au maximum du lieu, de la flore et même de la faune, ainsi que du panorama sur les chutes à différentes hauteurs.