Detailed review by PICHINOU
PICHINOU
PARIS, France99%
Par une journée entre chien et loup d'avril, je me mettais en route pour Anet (Eure-et-Loir) afin de mettre en scène un roman dont je venais de terminer la lecture sur les amours de Diane de Poitiers et du roi Henri II.
Situé à environ 80 kms de Paris, Anet est accessible par l'autouroute A13 ou par la A12/N12 sortie Buchelay.
C'est par ce biais que je choisis de me rendre à Anet, d'une part de par ma situation géographique et d'autre part, parce que mon GPS me donnait cette route comme la plus rapide et la plus courte !
Ce chemin me permit par ailleurs de pouvoir admirer le village de Bû si connu des cruciverbistes.
Par d'encombre pour me rendre à Anet, le château est fléché dès la sortie de la route nationale et ce même sur les petites départementales qui sillonnent la forêt environnante.
Il est situé au cœur de la petite commune et on y arrive comme à une finalité puisqu'en face du majestueux portail, la route se scinde en deux voies latérales à l'enceinte.
Le parking ce jour-là fut particulièrement aisé puisque je trouvais une place (gratuite) dans un emplacement face à l'édifice (devant la Poste).
J'ai tout de même noter qu'un parking en terre gratuit était improvisé sur le côté droit en face et à quelques mètres du château.
Après avoir longé l'enceinte rouge bordées de profondes douves vides, nous avons passé un petit pont pour entrer dans les lieux par le fameux portail surmonté des automates de bronze chiens et cerf.
Une flèche nous indique la direction à suivre pour entrer dans cette propriété (privée).
Nous entrons dans une pièce qui fait office également de boutique de souvenirs : un peu de librairie, quelques objets divers sont entreposés là dans l'attente d'un éventuel acquéreur ainsi qu'un présentoir de cartes postales exposant les lieux. Rien de bien folichon !
Le prix d'entrée pour ma fille (6 ans) et moi-même s'élève à 11.50 € et je n'ai pas le détail de l'addition. Il me semble que le montant est de 7.50 € pour un adulte mais cela est à vérifier
Cela ne me paraît guère excessif d'autant que le château est "privé", que j'imagine aisément les coûts d'entretien et de restauration et surtout qu'il y a un guide à rémunérer puisque la visite est obligatoirement "guidée" et ce sans compter le concierge qui s'occupe de la boutique.
L'affluence est faible, voire nulle puisque nous ne rencontrons personne dans la cour d'honneur que nous traversons en diagonale pour rejoindre l'entrée du château où doit débuter la visite.
Cela se confirme d'ailleurs par le peu de personnes qui attendent dans le grand hall de ce qui reste d'un vestige qu'on tente de restaurer pour lui faire retrouver sa magnificence d'antan.
Un peu d'histoire
Ancien manoir de chasse, cette propriété est transmise à la mort de son époux, à Diane de Poitiers qui dès 1547, en entreprend l'embellissement par la construction d'un édifice de pur style Renaissance.
L'entreprise est confié à un jeune architecte en vogue, Philibert de l'Orme qui sera épaulé par des artistes tels Jean Cousin, Benvenuto Cellini, Germain Pilon
Partout il est fait hommage à Diane, au Roi Henri II on trouve le monogramme des lettres H et D entrelacées un peu partout son amant.
C'est un château destiné à la fête, et c'est là que Diane de Poitiers finira ses jours après avoir été bannie de la Cour à la mort du roi, par Catherine de Médicis.
La propriété fut ensuite transmise à une de ses filles la Duchesse d'Aumale, qui fit édifier la chapelle funéraire. Elle le lèguera à son fils le Duc de Lorraine.
Le château est ensuite vendu et revient aux Ducs de Vendôme qui y apportent en leur temps, leur touche comme l'ont également fait la Duchesse du Maine et le Duc de Penthièvre au cours du 18ème siècle.
Il subit nombreuses avanies (pillages, destructions) au cours des années qui suivirent la révolution française jusqu'à son rachat en 1840 par un particulier qui commença une restauration qui continua sous le propriétaire suivant dont sont issus les actuels propriétaires.
Pour des informations plus détaillées, je vous conseille de vous rendre sur le site du lieu.
La visite
Elle est à diviser en trois parties :
- la visite des restes de l'édifice principal
- la chapelle du château
- la chapelle funéraire.
La visite des appartements
Elle commence dès le hall d'entrée au dallage noir et blanc où le guide débite son texte.
Quelques rares pièces de collection, une console surmontée d'une statuette y sont entreposées. Ce qui retiendra le plus mon attention est une voiture à bras ayant appartenu au Duc de Penthièvre et qui attend sous les marches du grand d'escalier doté d'une rampe en fer forgé qui monte à l'étage.
Nous passons ensuite dans "la chambre du roi" nous dit-on. Pas de lit mais des meubles du 16ème siècle sont visibles ainsi que, sous vitrine, quelques objets (ombrelles, dague) ayant appartenu à Diane de Poitiers.
On nous parle de la cheminée mais tout va vite et je n'ai pas eu le temps de mémoriser les détails et d'enregistrer les pièces marquantes.
Quelques peintures ornent les murs.
Nous ressortons de cette pièce un peu sombre pour grimper l'escalier et accéder au 1er étage. La visite continue sur la droite. Par une fenêtre, on aperçoit le canal dessiné par Le Nôtre, une partie des jardins et les bois.
La double porte s'ouvre sur une immense pièce dite "salle des gardes". Diverses peintures ornent les murs dont celle d'Henri II au-dessus du manteau de la cheminée, faisant face au portrait de la Reine Catherine de Médicis. Le plafond peint en gris et or est constitué de niches décorées des blasons des divers propriétaires d'Anet.
Le guide insiste sur un tapis qui couvre la quasi totalité du sol dans sa longueur, une pièce faite récemment et dont je ne vois pas la relation avec le château.
Des meubles 16ème sont entreposés ici et là et des tapisseries ornent les murs.
Nous continuons la visite par la chambre de Diane situé à l'extrémité de l'édifice.
Les murs présentent des peintures de l'Ecole de Fontainebleau ainsi qu'une tapisserie qu'on attribue à Diane de poitiers.
Un lit à colonnes recouvert et fermé par des dais de tissus lourds aux teintes verdâtres.
Il semblerait que ce lit ait appartenu à Diane de Poitiers et qu'il ait été, par hasard, retrouvé chez un brocanteur du coin.
Dans un recoin d'une tourelle, on nous présente le cabinet de toilette en nous précisant que Diane de Poitiers était une personne très propre.
Un meuble à bijoux est exposé là.
La lumière entre dans ce réduit par un vitrail coloré.
Nous ressortons de la pièce et repassons par la salle des gardes.
La visite à l'étage est terminée.
Au bas de l'escalier, on nous fait passer sur la gauche, par un corridor qui renferme, sous vitrine, diverses pièces de faïenceries Renaissance, quelques carrelages sauvés des pillages.
Nous arrivons enfin dans la salle à manger où trône une grande table. Quelques meubles courent le long des murs, décorés de tapisseries que je n'ai même pas le temps de regarder. Quelques objets ont été déposés ici et là parmi lesquels j'ai souvenance d'un encrier à la forme un peu particulière.
La visite est terminée !
Mon opinion
Je suis déçue.
La visite a été faite à mon sens au pas de course et je n'ai même pas eu le temps de photographier visuellement les points forts de l'édifice, les tapisseries, meubles et objets divers exposés.
Elle a dû durer une petite demi-heure tout au plus.
Par ailleurs, le monologue plat du guide n'a pas permis de susciter l'intérêt.
Son texte se présentait comme un grand brouillon à décrypter, tout visiteur devant connaître l'histoire sur le bout des doigts, tant par les dates que les figures annoncées, le nom de tous les artistes qui ont participé à l'édification du bâtiment mais aussi ceux ayant apporté contribution par les peintures, tapisseries, meubles ou faienceries exposés.
Je me suis débattue dans ce flot de parole comme j'ai pu, émergeant sur les points historiques parce que j'étais dans un domaine que je connais, mais totalement paumée quant aux œuvres mobilières que j'ai pu voir.
Un véritable fiasco, un imbroglio que je n'ai même pas pu essayer de comprendre en le visualisant ultérieurement puisque les photos à l'intérieur du château sont interdites.
Qu'ai-je vu ? Qu'ai-je retenu ?
Rien, quelques lignes de texte vides sans couleur, sans forme
Et le summum, c'est que je n'ai pas pu répondre à ma fille qui totalement en dehors du discours du guide, avait remarqué certains objets et qu'elle m'a demandé plus tard ce dont il s'agissait
La visite de la chapelle du château
Lors de son élocution, le guide nous a parlé de cette chapelle mais comme je me suis mise à ne plus suivre sa diatribe, j'ai laissé tomber, ne cherchant à y trouver quelques rares beautés.
Sa forme est un peu particulière, et l'édifice est surmonté d'un dôme et de deux flèches terminées par des croissants de lune, emblème de Diane de Poitiers. Une balustrade en dentelle de pierres tourne tout autour du premier étage et une autre apparaît au niveau du toit.
L'entrée de la chapelle du château est libre.
Le porche est recouvert d'un plafond soutenu par des colonnes de pierre, le palier est un dallage où ont retrouve le logo de Diane de Poitiers assorti du monogramme HD.
Le sol de la chapelle royale est couvert d'une mosaîque noire et blanche agrémentée par endroit de carreaux rouges ou verts.
Le motif en semble incroyablement moderne et tourne sur lui-même pour s'assortir en quelque sorte à la forme intérieure du dôme, percé de niches.
Les vitraux restaurés sont monochromes (gris) et cela donne une drôle de luminosité à l'intérieur de la chapelle.
Un panneau explicatif mentionne les principaux attraits du lieu.
La visite dure une dizaine de minutes maximum puisque l'accès aux étages n'est pas permis.
Après être sorties de la chapelle royale, nous l'avons contournée pour admirer la porte (fermée) de "Charles le Mauvais"; mais également la fontaine de Diane située juste derrière la chapelle. Des petits parterres de pelouse, bordés d'arbres taillés en cube ajoutent une touche de verdure et enjolivent la chapelle.
Le long des douves, des petits jardins, fermés au public agrémentent encore la vue.
Nous revenons vers le portail principal, le canal et le parc ne sont pas accessibles et il n'y a plus à voir pour nous dans l'enceinte.
Nous ressortons du château et nous nous dirigeons sur la droite pour rejoindre le bâtiment sobre qui renferme le tombeau de Diane de Poitiers et qui est grand ouvert.
Visite de la Chapelle funéraire
La construction date de 1577 et fait suite à la demande de Diane de Poitiers.
Le bâtiment ne présente pas de particularité visible si ce n'est sa composition de brique rouge et de pierre. Ca fait un peu bizarre
L'intérieur, est vide de tout lorsque nous y pénétrons, le temps a aussi fait ses dégâts.
Au cœur de la chapelle, le tombeau de marbre noir a retrouvé sa place et il est possible d'admirer la statut de Diane de Poitiers en prière qui le surmonte.
Le tombeau est vide puisque violé à la Révolution et que les restes de l'illustre dame aient rejoint la fosse commune de l'église toute proche.
La pièce est de belle signature et on peut essayer de décrypter le texte gravé dans la pierre situé sur le socle.
Conclusion
J'ai mis trois-quart d'heure pour rejoindre Anet pour le même temps de visite, qui ne m'a rien apporté du tout.
C'est bien dommage, l'enceinte, le portail extérieur me paraissaient pourtant prometteurs de belle découverte.
Mon reproche portera surtout sur le guide et son "par cœur"; le court et rapide tour du château et la non-accessibilité des parc et jardins.
Je comprends bien qu'il n'y ait pas grand-chose aujourd'hui à y voir puisque la plupart des constructions ont été détruites, mais je trouve tout de même un peu abusif de nous faire visiter en tout et pour tout 4 pièces et nous parler d'un "joyau de la Renaissance"
Bref, ce n'était pas une visite comme je les aime où je prends le temps de regarder, de décortiquer, d'admirer et mon sentiment de déception s'est trouvé amplifié chez ma petite fille qui s'attendait aussi à autre chose vu le portrait que j'avais pu lui brosser de Diane de Poitiers et de son amoureux le roi Henri II.
En tous cas, je l'ai dégoûtée des visites de château et j'ai bien du mal à l'entraîner aujourd'hui dans mon sillage lorsque j'ai une envie de découvrir un de nos monuments historiques.
Anet est à voir toutefois.
Château d'Anet7
Ratings
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Accessibility
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"Must See"-Factor
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Budget Friendliness
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Architecture
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Condition
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Historical Significance
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Accessibilité : pas facile de s'y rendre... Anet est à environ 80 km de Paris Ouest. Il faut impérativement une voiture...
A voir absolument : Anet a subi maintes avanies et n'est plus qu'un bâtiment 16ème restructuré et restauré. La chapelle royale est à voir ainsi que le monument funéraire dans la chapelle extérieure.
Cela reste tout de même un bel ensemble architectural de style Renaissance.
Etat : la restauration a été faite depuis le milieu du 19ème et 20ème siècles. Elle continue.
Importance : Logis de la maîtresse du Roi Henri II, ce château conçu pour "l'amour d'un roi" fut le théâtre de nombreuses festivités. Il eut le rôle de "château de plaisance" durant les périodes suivantes et ce jusqu'à la Révolution Française. Ce fut un des premiers châteaux style Renaissance.